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Retrouvez ici l'actualité des arts érotiques au fil des mois, des semaines, des jours.


"Icônes et autres re-créations"
Michaël Bastow
du 15 mars au 17 mai 2008

« Icônes et autres re-créations » exprime la fascination de Michael Bastow pour le corps des femmes ; ces femmes qu’il couche au pastel doux sur des papiers à la forme, chauds et froissés. Comme des draps après l’étreinte.

En 2001 Michael Bastow entreprend la restauration et la décoration de la chapelle Saint-Alexis à Malaucène dans le Vaucluse. La décoration prend finalement la forme d’une fresque« éphémère », une superposition de feuilles colorées et de transparences. La recherche iconique pour les sept ages de la femme que l’artiste a pris pour thème, le conduit à mâcher et à ruminer les modèles de représentations des icônes byzantines, des fétiches africains et d’autres encore, léguées par l’histoire de l’art.« Icônes et autres recréations » se veut la continuation de ce travail. En utilisant des collages de papier et d’autres matériaux, en « cannibalisant » et en « absorbant » ses propres pastels, il parvient à créer des portrait au symbolisme plus puissant et plus chargé que les originaux.

Après la phase d’exécution, qu’on devine rapide et intense, succède une phase de maturation, illimitée, pendant laquelle le dessin est accroché au mur :" Un jour l'un d'entre eux accrochera mon regard, ou bien je le verrai dans une lumière nouvelle, en relation avec un autre travail en cours. Alors, je le reprendrai et le retravaillerai. Ou alors j'en prendrai une partie, un visage, un torse et ferai un collage sur l'autre dessin." Ce procédé de retouche tardive et de collage, permet à Bastow toutes les audaces, il brouille les significations avec ses portraits bri-collages de jeunes femmes : collage d’une main sacrilège sur la poitrine d’une femme recueillie, sanctification de la sensualité par l’utilisation des fonds dorés, fétichisation par l’ajout de brindilles, de plomb et de plumes, mélancolie…

Il ne faut surtout pas se méprendre sur l’impertinence de Michael Bastow. Les femmes reconnaissent une part fondamentale d’elles-mêmes dans ces représentations brisées, un peu iconoclastes. Avec plus ou moins de pudeur, ces saintes soupirantes et ces fées criantes posent et s’exposent aux coups de crayons denses de Bastow ; la magie opère, la peau aux contrastes colorés vibre dans la lumière de l’atelier.

Galerie Alain Blondel
128 rue Vieille du Temple 75003 Paris
Tél : 01 42 78 66 67  Fax : 01 42 78 47 90
Du mardi au vendredi de 11h à 19h et le samedi de 14h à 19h
galerie.blondel@wanadoo.fr
www.galerieblondel.com


Lust in the dust
du 15 mars au 26 avril 2008

L'exposition de Françoise Quardon se nomme Lust in the Dust, "la volupté dans la poussière". Vidéo, photos, dessins, céramiques, installations et écritures murales traitent toutes d'un seul sujet, évidemment éternel, la femme charmeuse et diabolique. La vidéo donne le ton : on y voit l'artiste habillée et maquillée en beauté fatale montant un noble escalier de bois. A chaque degré, des flammes naissent sous ses talons. Son ombre - ou celle d'une autre criminelle ? - se projette sur le mur : elle est armée d'une hache.

Quardon, qui est née en 1961, se souvient-elle de La Chair de l'orchidée, film de Patrice Chéreau, d'après le roman de James Hadley Chase, tourné en 1974 avec Charlotte Rampling ? Ou a-t-elle été inspirée, plus récemment, par le Sweeney Todd, de Tim Burton ? Ses pièces sont de ce ton-là : érotisme, burlesque, horreur, stupeur. Une flaque de perles s'étale entre deux escarpins rouges. La tête coupée de l'artiste sourit rageusement. Des chiennes de céramique ont des colliers de perles autour du cou. Une jambe féminine s'ouvre comme un coffret à bijoux et laisse apparaître un sécateur de verre. Matériaux précieux - ou qui en ont l'air, soin minutieux dans le montage, jeux d'allusions littéraires et historiques : ces reliquaires du plaisir ont de quoi ravir les fétichistes les plus exigeants.

Philippe Dagen
Article paru dans l'édition du 05.04.08, Le Monde

"Lust in the Dust", Galerie Metropolis, 6-8, passage des Gravilliers, Paris-3e. Mo Arts-et-Métiers. Tél. : 01-42-74-64-17.
Du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures.


L'Enfer de la Bibliothèque, Eros au secret
04 décembre 2007 - 02 mars 2008

Pour le grand public contemporain, l'Enfer de la Bibliothèque s'entend comme une légende, un fantasme, le territoire majeur de l'interdit qui alimente en retour toutes les curiosités. Mais l'écart est grand entre ce mythe et la réalité. Aussi l'ambition de l'exposition que la BnF consacre à cette part obscure de ses collections consiste-t-elle à lever le voile sur la vérité de l'Enfer.

Il convient d'abord de retracer l'histoire, pleine de surprises, de la constitution de ce lieu abstrait, mental – une « cote », un numéro de classement qui le désigne à la consultation « réservée » – où sont rassemblés textes et images réputés contraires aux bonnes mœurs. L'exposition propose un double parcours. L'un concerne l'histoire : comment l'Enfer s'est-il constitué au département des Imprimés et au département des Estampes ? Comment a-t-il évolué ? Le second propose une déambulation à travers le contenu de l'Enfer : quels sont les livres, les documents, les images que l'on a classés là ?

Ces parcours à travers la littérature telle qu'elle n'est pas enseignée vont à la rencontre d'un monde imaginaire où les personnages obéissent à toutes les fantaisies du désir, où l'excès de la parole devient pamphlétaire et le discours politique, pornographique. Ce monde c'est celui de l'anonymat, du pseudonyme, des fausses adresses, des dates trompeuses, des éditeurs clandestins, des lieux clos, celui des couvents, des boudoirs, des bordels, des prisons mais aussi des bibliothèques. Des écrivains tels que Sade, Apollinaire, Louÿs, Bataille et quelques autres en sont les acteurs à jamais anonymes de la célébration de l'érotisme et du sexe entre le XVIe et le XXe siècle.

Une large place est offerte aux premières manifestations de la photographie pornographique et de même sont exposées les estampes japonaises entrées à la Bibliothèque grâce à la générosité des premiers collectionneurs occidentaux.

Mardi - samedi de 10 h à 19 h
Dimanche de 13 h à 19 h sauf lundi et jours fériés

Site François Mitterand
Quai François-Mauriac
75706 Paris Cedex 13
Tél : 33(0)1 53 79 59 59 (serveur vocal)
Plus d'infos sur le site de la BNF


Du 6 novembre au 1er décembre 2007, le STUDIO ART AND YOU accueille une exposition personnelle de l’artiste américain ROY STUART. Intitulée “PARIS 2007”, celle-ci rassemble neuf tirages de grand format (dont plusieurs “Glimpses”, ses célèbres photographies coquines), une sélection exclusive de tirages de petit format aujourd’hui collectors, et un extrait de son dernier film The Lost Door.

Maître incontesté de l'imagerie érotique, ROY STUART se fait apprécier dans le milieu de la contre-culture new-yorkaise dès la fin des années 1960. Actuellement, il réside à Paris et n'expose ses photographies qu'à de rares occasions. Il est par ailleurs l'auteur de quatre best-sellers publiés chez Taschen ; son cinquième album, intitulé Roy Stuart V, devrait sortir au printemps 2008.

Si à première vue, les audacieuses photographies de ROY STUART s'apparentent aux traditionnels clichés pornographiques (un monde aseptisé dans lequel de jeunes filles innocentes sont perverties et réduites à l'état de simples 'jouets sexuels'...), il serait fort réducteur de limiter sa pratique à ce simple aspect. En allant plus loin, on pourrait même affirmer qu'il s'agirait d'une erreur préjudiciable, tant l'ensemble de sa production artistique est marqué par une dimension militante qui lui est subjacente et la rend profondément subversive.

Dans ses clichés, le trublion américain fustige la vision phallocentrique du sexe et, a contrario, privilégie une sensualité à fleur de peau, une féminité libérée. Le photographe dépeint un univers sans tabous - ni religieux, ni moraux – dans lequel les femmes disposent naturellement des mêmes prérogatives que les hommes. L’artiste se plait à explicitement mettre en avant des femmes qui, sans complexe, cèdent naturellement à leurs pulsions – que ce soit sur un lit, dans un bar, ou dans des lieux publics.

L'exposition du STUDIO ART AND YOU tente de mettre en avant ce regard, tout à la fois élégant et espiègle, porté par un Homme qui essaie de comprendre qui est l'autre, la Femme. Un séduisant voisinage des sexes, un éveil des consciences, un hymne des plaisirs sans âge. Bref, un brillant cri de délivrance lancé à la face du monde !

Studio Art And You
14 rue Richer
75009 PARIS
Tél. : 01 42 46 53 35


10 octobre 2007 - 6 janvier 2008

Passionné de photographie, Alessandro Bertolotti est considéré comme l'un des plus importants collectionneurs de livres de nus. Sa collection, débutée il y a plus de trente ans, permet d'explorer la création photographique depuis les premiers clichés académiques jusqu'aux avant-gardes les plus audacieuses. L'exposition révèle l'évolution de la représentation du corps en fonction des contextes historiques et sociaux de chaque époque et de chaque pays. Elle présente les ouvrages de tous les photographes, célèbres ou peu connus, qui ont fait l'histoire de la photographie de nu : Fred Holland Day, Germaine Krull, Sasha Stone, Brassaï, André Kertész, Bill Brandt, Eikoh Hosoe, Pierre Molinier, Les Krims, Nobuyoshi Araki, Robert Mapplethorpe, George Dureau, Joel Peter Witkin, Lee Friedlander …

La photographie a longtemps été diffusée par le livre ou le magazine. La Maison Européenne de la Photographie, fidèle à sa mission de défrichage et de mise en perspective de la photographie contemporaine, s'est fixé comme objectif de présenter régulièrement des expositions où la page imprimée tient une place essentielle. Après l'exposition d'Alexey Brodovitch (1998), Citizen K (2002), ou encore L'Odyssée d'une icône, trois photographies d'André Kertész présentée l'an dernier, en regard de la grande rétrospective du magazine VU, c'est à une réflexion sur les rapports de l'érotisme et de l'image que nous invite Alessandro Bertolotti, à travers une sélection des livres de sa prestigieuse collection.

Débutée il y a plus de trente ans, la collection d'Alessandro Bertolotti permet d'explorer la création photographique depuis les premiers clichés académiques jusqu'aux avant-gardes les plus audacieuses. L'exposition présente les ouvrages de photographes, célèbres ou peu connus, qui ont fait l'histoire de la photographie de nu : Fred Holland Day, Germaine Krull, Sasha Stone, Brassaï, André Kertész, Bill Brandt, Eikoh Hosoe, Pierre Molinier, Les Krims, Nobuyoshi Araki, Robert Mapplethorpe, George Dureau, Joel Peter Witkin, Lee Friedlander …

" Lorsque j'ai commencé à collectionner les livres de nus, je me suis rendu compte qu'ils m'aidaient à connaître la culture d'un pays, à un moment déterminé de son histoire. Intelligents et inventifs, ils reflètent une société complexe, en perpétuelle évolution ; banals et répétitifs, ils sont le signe d'une société en crise.

Dans les livres photographiques sur le naturisme allemand, le culte quasi religieux du corps au contact avec la nature est manifeste; ceux du pictorialisme entendent affirmer que la photographie est un art à part entière.

Dans la trouble perversité des Sittengeschichte de la République de Weimar, on déchiffre l'effondrement des valeurs, prélude de la catastrophe finale; les livres photographiques surréalistes, à travers une transformation radicale de la morale sexuelle, tentent de créer une société nouvelle pour un homme libre.

Au Japon, suite à la révolution sexuelle des années 1950, les photographes trouvent dans le nu un nouveau langage pour exprimer leur état psychologique et leur mal-être existentiel.
Dans les années 1970, les photographes utilisent le livre pour raconter une histoire, où il est surtout question de sentiments et d'introspection psychologique.

Ces livres de nus sont porteurs de nouvelles identités, marginales ou rebelles, qui parfois choquent et encouragent la révolte. Collectionner ces ouvrages depuis trente ans, c'est pour moi parcourir un chemin que d'autres ont déjà emprunté à la recherche du mystère de l'existence. "

Alessandro Bertolotti

La Maison Européenne de la photographie
5/7 rue de Fourcy - 75004 Paris
Téléphone: (33) 1 44 78 75 00
Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés.

 

Un livre est publié à l'occasion de l'exposition par les Editions de la Martinière, sous le titre "Livres de nus", par Alessandro Bertolotti.

 

Le mot de la maison d'édition :

Alessandro Bertolotti collectionne les livres de nus depuis trente ans.
Inégalable, sa collection permet d’explorer la création photographique des premiers clichés académiques jusqu’aux avant-gardes les plus audacieuses. Organisé de façon chronothématique, cet ouvrage présente près de 220 livres qui ont fait l’histoire de la photographie de nu : Germaine Krull, Man Ray, Hans Bellmer, Bill Brandt, Araki, Robert Mapplethorpe, Pierre Molinier...
Avec plus de 550 reproductions, Livres de nus est un ouvrage de référence pour tous les amateurs de photographie. Rendant hommage à la conception graphique de ces publications, souvent novatrice, cet ouvrage s’adresse également à tous les passionnés de graphisme et d’édition.

 

 

 

 

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