La revue Le laboratoire Les salons L'oeuvre Les plumes

 

 

Caméra cachée
de Chris Laure

 


1ère partie : Journal de bord d'un voyeuriste

01-04 :

Ses seins jaillissent d'un soutien-gorge pigeonnant jaune. Elle porte un slip assorti. Pas un string. Une de ces petites culottes à la dernière mode. Un boxer elle appelle ça. Sage devant. Audacieux derrière. Justement, voici qu'elle le cambre son joli popotin. Elle essaie de l'entrevoir dans la glace et fait une drôle de contorsion. Sexy en diable ! Le boxer dégage ses fesses, deux pommes rondes à souhait. Elle presse leur pulpe entre le pouce et l'index, fait une moue charmante: « Berk ! J'ai de la cellulite ! » se dit-elle. Elle m'en fait la remarque parfois. Il n'y a qu'elle qui la voit !

Face à la caméra dissimulée derrière le miroir sans tain elle prend la pose. Pour qui se fait-elle si belle ? Est-ce pour elle seule ? Pour moi qui ne rentrerai que très tard ce soir ?
Les femmes sont suffisamment narcissiques pour se faire une beauté juste pour elles-mêmes. Je le sais. Pourtant, j'ai un doute. Et si ?...

Alors, j'ai profité de nos dernières vacances pour faire changer la décoration de notre appartement. Je l'ai fait transformer en une espèce de « loft » dans lequel une vingtaine de caméras cachées filment ma femme 24 h sur 24. Autant de micros y sont également dissimulés. A son insu. Du moins je l'espère. Quand je la vois tortiller son joli derrière et prendre la pose, façon Marylin, j'en doute.

Tôt ce matin, je l'ai laissée endormie. Elle serrait contre elle son oreiller. Sans maquillage, elle paraissait si jeune et si vulnérable !... Comme chaque fois que, sans bruit afin de ne pas la réveiller, je la quitte pour me rendre à mon bureau, j'en étais tout attendri. J'ai pris quelques secondes pour la regarder dormir. J'ai soulevé le drap pour contempler son corps à demi nu. Elle était pelotonnée sur le côté, les genoux pliés sous sa poitrine. Sa nuisette dévoilait son adorable derrière. Je l'ai effleuré du bout des doigts, torturé par l'idée qu'un autre puisse le caresser. Elle ressemblait à la Danaé de Gustav Klimt.

Il est maintenant 11 heures du matin. Je contemple mon épouse se contemplant. Mon bureau ressemble à un studio d'enregistrement télévisuel. Une vingtaine d'écrans me relient à mon appartement. Je peux, de cette façon, suivre ma femme dans chacun de ses déplacements dans notre maison. Toute la journée j'aurai un oeil sur elle. Je l'ai vue s'étirer paresseusement avant de sauter du lit, cheveux en bataille, nuisette retroussée. Déguster son petit-déjeûner avec gourmandise. S'abandonner dans la volupté de son bain moussant. J'ai zappé le passage de notre femme de ménage, Carmen, qui ne cristallise pas vraiment mes fantasmes. J'ai guetté le moment où ma bien-aimée émergerait de la baignoire pour, à son insu, offrir sa nudité à mon voyeurisme. Celui où les jets de la pomme de douche s'attarderaient sous son mont de Vénus... Elle a appelé la femme de ménage. Je n'ai pas vraiment réussi à saisir les paroles qu'elle lui a adressées. En fait, il aurait fallu un micro directement fixé sur son corps pour capter ses moindres paroles, comme ils le font dans les émissions de télé-réalité. Opération qui, bien entendu, ne peut se faire à l'insu de la personne. Mais j'ai imaginé qu'elle pouvait lui dire: « Carmen, venez donc me frotter le dos ! Un peu plus fort Carmen! Oui, là, c'est bon. N'ayez pas peur de frotter. Carmen, comment me trouvez-vous? Ça se voit que j'ai perdu 1 kg ? »

Elle n'est pas pudique. Fière de son corps, elle aime le montrer. Je ne le savais pas vraiment. Je le découvre et la découvre. Différente ! Tellement libre ! Si belle dans cette liberté qu'elle a quand je ne suis pas là. Cette façon de se montrer nue à sa femme de ménage! Sans complexe. Mais le plus naturellement qui soit. Sans arrière pensée. Aucune idée de séduction dans ses manières.

02-04 :

Je crains que mon boulot ne se ressente de mes activités voyeuristes. Heureusement pour mes affaires professionnelles, elle ne passe pas tout son temps à la maison. Hier, son départ précipité à 14 heures m'a laissé frustré.
Lorsqu'elle est rentrée à 19h25, j'ai cherché sur son visage et dans sa mise des signes pouvant trahir une entrevue clandestine. Mais son image restait lisse.

Une idée me taraude: Si elle répugnait à recevoir son amant à la maison ? Si tout se passait à l'extérieur ?
Pourtant, qu'est-ce qui pourrait l'empêcher de le recevoir chez nous ? Je suis absent toute la journée.

Je la regarde vaquer à ses occupations. Elle ne se presse pas, elle prend son temps. Je sais que cet après-midi elle s'absentera pour se rendre à son club de fitness. Demain, elle ira à son cours d'anglais. Après-demain, je crois, à son cours de dessin. Elle ne manque pas d'activités. Pourtant, c'est dans l'espoir de trouver un poste d'hôtesse d'accueil bilingue qu'elle prend des cours d'anglais. Je gagne plus que confortablement notre vie mais elle voudrait une « petite indépendance financière ». Envisagerait-elle de me quitter ?

Je me surprends à penser que j'attends autre chose d'elle que ces allées et venues entre la salle de bains, la chambre à coucher et cette pièce où nous avons installé un ordinateur qui lui permet d'avoir accès à internet. Elle y passe beaucoup d'heures.
Mais je n'arrive pas à lire ses conversations lorsqu'elle tchate. J'attends d'elle un peu de spectacle. Même si je suis inquiet quand elle revêt des dessous trop sexy, j'ai plaisir à la voir prendre soin d'elle. J'ai apprécié ce moment, tout à l'heure, où après son bain, nue devant la glace de la salle de bains, elle a enduit tout son corps d'un lait de toilette. Elle a massé longuement ses seins, s'amusant à pincer leurs pointes pour qu'elles s'érigent, puis les caressant pour le seul plaisir d'être femme et désirable. J'aime entrer dans son intimité et je suis à l'affût de tous ces petits gestes teintés d'érotisme. Je redoute qu'elle ait un amant et en même temps je fantasme sur cette image de ma femme se faisant caresser et prendre par un autre que moi.

J'attends qu'il se passe quelque chose. Une attente faite de crainte et d'espoir. Une attente qui se meut en obsession. Obsession fébrile et excitante. Excitation et torture...

03-04 :

Aujourd'hui j'étais au comble de l'excitation quand je l'ai vue déambuler en soutien-gorge, porte-jarretelles et bas. Sans culotte. Son petit cul sculpté par les courbes de son porte-jarretelles. Le triangle doré de son pubis offert à mon regard indiscret. C'est dans cette tenue très déshabillée qu'elle s'est saisi du téléphone. Mon coeur s'est mis à battre un peu plus fort. Elle a prononcé quelques mots, inaudibles pour moi. Comment ai-je pu oublié de faire mettre sa ligne sur écoute ? Puis, attentive aux paroles de son interlocuteur, elle s'est à moitié allongée sur notre lit et a porté la main à son sexe. Elle a écarté les cuisses et s'est mise à se masturber doucement...
Désormais, je n'ai plus eu de doute: elle avait bel et bien un amant et c'est à lui qu'elle téléphonait. Ils devaient certainement faire un truc du genre, l'amour par téléphone ! Elle parlait peu mais sans cesser de se caresser. Très rapidement, elle m'a paru au bord de l'orgasme. Cet échange a été assez bref. Il devait parler davantage qu'elle. Que pouvait-il donc lui dire qui la mette dans cet état ? Après avoir raccroché elle a continué à faire aller et venir ses doigts dans sa fente glissante. Le rythme était plus rapide. Elle s'est mise à haleter. Elle a enfoncé deux doigts dans sa chatte et n'a plus bougé. Elle a joui en silence, tout son corps tendu vers le plaisir.
Je n'en revenais pas de cette facilité et cette promptitude à atteindre le plaisir dans ces conditions virtuelles alors qu'avec moi tout est tellement plus compliqué !

Quand elle a quitté la maison je croyais sentir son sillage. Les effluves femelles de sa jouissance se mêlaient au N° 5 de Chanel... Malade de jalousie, j'étais pourtant sous la charme de ces senteurs. Seule, pourtant, la puissance de mon imagination me permettait de les recréer.

04- 04 :

18 h : Elle rentre de ce qui est, probablement, son cours de dessin. Elle est accompagnée d'une amie. Elles papotent toutes les deux avec effervescence. Elles vont dans la cuisine préparer un thé, déballent des gâteaux, les dévorent avec gourmandise. Ma femme a une façon un peu enfantine de lécher ses doigts. C'est alors que je vois passer dans le regard de sa copine une espèce de convoitise attendrie. Elle prend les doigts de ma chérie, les passe dans les restes de crème des pâtisseries et les lèche à son tour, très lentement, tout en la regardant fixement. Ses yeux pétillent de désir. Puis elle caresse son visage, s'attarde sur ses lèvres. Elles se font face toutes les deux, de chaque côté de la table en chêne de la cuisine. Elles se sourient. Une grande douceur passe dans leur sourire. De la tendresse aussi.
J'aimerais savoir ce qu'elles se disent, mais les micros, trop éloignés de leurs bouches, se refusent à me restituer leurs mots.

La jeune femme s'approche d'elle. Elle défait un à un les boutons du chemisier de ma femme. Elle y glisse sa main, extirpe un sein de la dentelle de son soutien-gorge, comme on extrait délicatement un fruit fragile et précieux d'une corbeille. Elles échangent encore quelques paroles, puis mon épouse va dans notre chambre, retire son pantalon, sa petite culotte, enfile une jupe en mousseline fleurie, revient dans la cuisine. Son amie la fait asseoir. Elle retrousse la jupe sur ses cuisses qu'elle écarte légèrement et se met, semble-t-il, à commenter ce qu'elle découvre. Elle extirpe de son sac un appareil photo, elle prend de mon épouse quelques clichés de charme, ne cesse, entre deux photographies, d'arranger la tenue de mon épouse à sa convenance, ni de commenter.
Tout en parlant l'amie laisse vagabonder l'un de ses doigts sur ce corps qu'il dénude. Puis, avec une infinie lenteur et une lueur de cynisme dans les regards qu'elle jette sur mon épouse, elle sort de son fourre-tout un matériel de dessin. Je sens ma femme troublée. Je le suis autant qu'en elle. Excité, malgré ma jalousie, voici que, comme si je m'étais glissé dans la peau de ma femme, je suis demandeur de ces caresses au parfum d'interdit ! C'était peut-être cette jeune femme le mystérieux interlocuteur d'hier ? Tout compte fait, je préfère qu'elle me trompe avec une femme. Ce n'est pas vraiment me tromper c'est rechercher autre chose, plus doux, plus tendre, une espèce de complicité...

L'autre se remet à frôler l'entrecuisse de ma belle. De la main gauche. Car, de la main droite, elle trace des courbes et des volutes. Sans vraiment regarder ce qu'elle fait. Soudain, d'un petit coup sec, imprévu, elle enfonce l'index et le majeur dans la fente ruisselante qui s'offre à elle. Surprise et alanguie, ma tendre moitié ouvre la bouche, lâche un petit cri. Son initiatrice retire bien vite ses doigts pour les sucer. Ma femme écarte davantage les cuisses, cambre les reins lorsque l'autre, abandonnant crayon, papier, se met à genoux et plonge son visage dans l'entrecuisse de mon épouse. Celle-ci saisit sa tête à pleines mains, la presse avec avidité contre ses chairs secrètes.

Moi, j'imagine sa fleur exigeante, écrasée par cette bouche gourmande. Terriblement excité, je bande comme un âne. Je me mets à me branler frénétiquement. Ma femme renverse la tête en arrière, gémit. Soudain, ses yeux se révulsent, elle pousse une plainte déchirante que même mes micros cachés parviennent à capter.

La tête me tourne un peu. Très rapidement, au paroxysme du plaisir et de l'excitation, j'éjacule dans mes mains.

Violentes saccades, jets abondants: jouissance aiguë !

Paumes maculées.

Solitude...

Je me sens si misérable !

Cocu et misérable... mais pourtant apaisé.

13-04 :

La suite de mes visionnages clandestins porte en moi la profusion de sentiments paradoxaux à son comble: désir exacerbé, rage, impuissance, désolation, fureur, jouissance et détresse cohabitent désespérément en moi.

Sentiments que couronne un besoin impérieux et régénéré par ce que j'ai vu : assouvir sur son corps ma passion de la posséder.

2ème partie : Journal de bord d'une exhibitionniste

Te fatigue pas mon chéri, je le sais que tu me surveilles.

Primo, tu as porté un peu trop d'intérêt au loft, à la télé.
Deuzio, quand tu as fait poser des miroirs un peu partout dans notre appartement, j'ai tout de suite supputé que tu avais un plan. Alors, en douce, j'ai surveillé les travaux. J'ai tout vu. Cet appareillage sophistiqué. Pas très beau, mais sans doute très efficace. Les travaux terminés, tout devient invisible. Bravo la technologie ! Je suis fière de valoir tout cela. Fière de susciter un tel intérêt chez toi ! Eh bien, je vais t'en donner pour ton argent ! Tu ne seras pas déçu, mon amour ! Tu ne peux pas savoir comme cette entreprise m'excite. Si je ne trouve pas de boulot en tant qu'hôtesse bilingue, je me recycle dans les arts : actrice, pourquoi pas même star du X, strip-teaseuses, body-artiste, ou quelque chose de ce genre ? Exhibitionniste, si ça peut être un métier ?... Ce qui n'est pas du tout exclu avec Internet et une webcam. Mais celle qui se déshabille devant sa webcam sait que celui qui la regarde sait qu'elle sait qu'il la regarde. Moi je sais que tu ne sais pas que je sais.

J'espère bien regonfler ta libido, my love ! Regarde bien comment je fais quand je me caresse. Et regarde comment font... les autres. Prends des leçons ! Un tel investissement dans la transformation de notre appart les vaut bien !

01-04 :

Comme chaque jour ce matin, ton départ trop matinal vers ton bureau m'a laissée seule. Après plusieurs années de vie commune je n'arrive toujours pas à m'y faire. Il y a toujours ces quelques minutes de flottement pendant lesquelles je me sens abandonnée. J'ai envie de retenir ta main sur mon corps, ton regard sur mes courbes. Je me rendors vite, mais quand je me lève, à nouveau je sens la solitude m'envahir. Il me faut l'odeur du café fumant et du pain grillé, la compagnie illusoire de la radio pour que mon espace se réanime.

Aujourd'hui c'est lundi. Ce jour-là, je n'ai pas grand-chose à faire. Et combien même j'ai quelque chose à faire ce ne sont que des activités placées dans ma vie pour la meubler. Ne s'active-t-on jamais que pour passer le temps ? Hormis la stricte nécessité de gagner sa vie. Ma vie, c'est toi qui la gagnes et si je retravaille un jour ce ne sera que pour la meubler davantage. Me sentir exister peut-être aussi. Je veux dire, un peu plus exister. Ou un peu moins ne pas exister...

Si tu prends le temps de m'observer sur ton écran de contrôle, mon amour, peut-être, au-delà de mes « numéros », de mes tours de piste érotiques, comprendras-tu le degré de solitude dans laquelle mon oisiveté me plonge ?

Alors, pour me distraire un peu, pour te titiller aussi, j'ai invité la femme de ménage à me frotter le dos. Mais Carmen n'est pas très douée pour la sensualité. Elle l'est davantage pour astiquer le parquet que ma peau nue.

Mon entreprise pour t'émoustiller n'aura donc pas été très concluante aujourd'hui. Exception faite de mes déhanchements lascifs en petite tenue devant tes caméras, « lol », comme on écrit sur le net pour signifier à son interlocuteur qu'on lui adresse un sourire de connivence.

Demain, j'attaque le grand jeu !

03-04 :

Volupté de me promener le cul nu sous tes yeux, mon amour ! Nu, mais souligné de cet adorable porte-jarretelles rouge que j'ai acheté en cachette de toi. Soutien-gorge assorti : deux corbeilles bordées de dentelle pour y nicher mes seins, ces oisillons pigeonnants offerts à tes regards concupiscents... Mes jambes de sirène – si si, c'est toi qui me l'as dit un jour où tu étais particulièrement amoureux sans doute, mais les sirènes ont-elles des jambes? - gainées dans des bas noirs accrochés à mes jarretelles.
Plaisir secret de vaquer dans cette tenue à mes occupations les plus ordinaires. Un coup de fil, entre autres, au dépanneur de mon lave-vaisselle :
– Allo, je désirerais avoir le service après-vente. C'est urgent. Mon lave-vaisselle est en panne.

On me fait patienter. Histoire de passer le temps, j'éprouve l'envie de retirer mes talons aiguilles, de m'allonger sur notre lit et de porter la main à ce minou que je t'imagine convoiter. Écarter les cuisses. Caresser avec lenteur d'abord ces autres lèvres qu'il t'arrive de prendre entre les tiennes, pas assez souvent à mon gré, mon chéri. Titiller délicatement mon bouton. Décliner mes coordonnées et les références de mon lave-vaisselle sans cesser de faire aller et venir mes doigts dans ma « chatte », comme tu l'appelles. Déjà au bord de l'orgasme, répéter la date du rendez-vous. Raccrocher, haletante. Précipiter le rythme des caresses. Jouir sous tes yeux, les deviner sans les voir. Sentir battre mes chairs intimes sous ma paume...

04-04 :

Aujourd'hui jeudi. Ce jour-là je me rends à mon cours de dessin, de 14 à 17 heures. J'aime bien. J'ai envie d'écrire un livre. Des histoires pour enfants. Je les illustrerai. Ou - pourquoi pas? - des nouvelles érotiques... Les modèles que je côtoie à l'atelier me permettront de réaliser de superbes illustrations. Ces filles accepteraient-elles de poser dans des pauses lascives ?...

Cat, la prof, prétend depuis longtemps que je ferais un superbe modèle. Depuis le début nous avons sympathisé. Au fil du temps une vraie complicité s'est installée entre nous. Elle est devenue une amie pour moi. Aujourd'hui encore elle a répété qu'il faudrait vraiment que je pose. Je lui ai répondu que je suis trop pudique pour me mettre nue devant un groupe de personnes, fussent-elles toutes de sexe féminin. Lorsque j'ai prononcé ce mot « sexe », j'ai vu quelque chose s'allumer dans ses yeux :

– Mais peut-être pourrais-tu poser pour moi seule ? Je suis à la recherche d'un modèle comme toi, avec des formes là où il faut. M'a-t-elle confié.
– Eh bien, parlons-en, si tu veux ! Tranquilles... en tête à tête. Je t'invite à partager mon goûter après ton cours. Ça te dit ? Lui ai-je répondu.

Et c'est comme ça qu'elle a débarqué chez nous, mon amour. Elle a tenu à acheter des gâteaux ! Nous nous sommes régalées. Comme deux gosses affamées. Affamée... c'est une autre faim que je lisais dans le regard de Cat. Faim de friandises dont elle se pourléchait à l'avance ses lèvres gourmandes. Elle faisait l'innocente. Ou bien c'est moi qui jouais de ma candeur en matière... artistique. Car c'était d'art qu'il s'agissait entre nous. D'art et rien d'autre. C'est du moins ce qu'elle m'expliquait, travaux pratiques à l'appui :

- Est-ce que je peux me permettre ?
– De quoi ?
– De disposer de ta personne. De t'installer à ma convenance...

J'étais un peu intimidée. Mais si émoustillée par ce petit jeu dont je feignais d'ignorer les aboutissants :
– Eh bien, installe-moi comme tu le souhaites ! Je te laisse me déshabiller.

Cat s'est approchée de moi, a lentement dégrafé mon chemisier. Elle y a glissé sa main pour en dégager un sein. Elle a esquissé une caresse plus légère qu'une plume. J'ai frissonné:
– Je te dessinerais bien ainsi, m'a-t-elle déclaré : toute habillée, avec seulement un sein nu. Offert !... J'ai horreur de ces poses convenues. Ces nus bêtement allongés sur un canapé. Restons dans la cuisine. Par contre le pantalon... ça ne va pas. Tu peux mettre une petite jupe ? Quelque chose de très léger. En voile peut-être. Sans slip.

Je suis allée me changer dans la chambre. J'ai retiré ma petite culotte, déjà toute mouillée. Ça m'a fait sourire. Mon reflet dans le miroir, derrière lequel je devinais ton regard voyeuriste, m'a dit que j'étais la plus belle. Sûre de ma séduction, j'ai troqué mon pantalon contre cette jupe en voile de soie sous laquelle tu aimes entr'apercevoir mes « cuisses de gazelle », selon, toujours, ton expression, mon amour. Quand je suis apparue devant Cat, elle m'a contemplée avec cette gourmandise qu'elle avait eue en convoitant les pâtisseries, quelques minutes plus tôt. Elle m'a demandé de m'asseoir, elle a remonté ma jupe sur mes cuisses, qu'elle a doucement écartées:

– C'est très esthétique d'apercevoir ton minou, a-t-elle commenté. Cette petite chose douce comme une peluche entre tes cuisses.
– Que sais-tu de sa douceur ?
– J'imagine... Ces choses-là sont douces en général. La tienne doit l'être particulièrement. Tu sais ce que je vais faire ? Je vais prendre des photos. Comme ça, je choisirai parmi les poses. Et puis, certaines sont très difficiles à croquer.

Elle s'est donc d'abord mise à me photographier sous toutes les coutures. Puis elle m'a raconté :
– Quand j'étais étudiante aux beaux-Arts, j'avais une prof qui nous faisait dessiner des objets sans les regarder. Simplement en les touchant. Du moins dans un premier temps. Nous devions nous imprégner de leur contact. Nous tracions des traits sur le papier, à la mine de plomb, tout en les caressant. Un morceau d'écorce, notre propre peau. Il ne s'agissait pas de donner une image ressemblante, il s'agissait de retranscrire une sensation tactile : la rudesse, la rugosité, la douceur, la fragilité. Je pourrais faire comme ça avec toi... si je ne craignais que tu ne me prennes pour une lesbienne.

Je ne devais pas perdre de vue que Cat ne me donnait là qu'un cours d'arts plastiques. Même si elle promenait sur moi des doigts experts qui, tour à tour, désignaient, effleuraient, tâtaient, soupesaient mon anatomie :

– Dessiner ton sein d'une main, expliquait-elle, les yeux fermés, en le caressant de l'autre. Dessiner ta chatte, les yeux fermés, tout en la caressant. Non ! pas en la caressant. Car le but du jeu ne serait pas de te donner du plaisir. Il y a dans la caresse une connotation trop érotique. Il s'agirait seulement de m'imprégner de la sensation que tu dégages. Donner de toi un portrait tactile. Tu comprends ? Suggérer la douceur d'un grain de peau par le tracé.

Les prémices de ce cours très particulier avaient fait naître en moi un désir aigu de jouissance :

– Prends un crayon et du papier, lui ai-je demandé. Dessine-moi !
C'était presque une supplique. Je mourrais d'envie d'être tripotée. Cat, de toute évidence, prenait un malin plaisir à faire croître le plaisir - presque souffrance - du désir. Elle a sorti de son sac une mine de plomb, des fusains, des pastels. Sans se presser. De la façon dont elle s'était exprimée, lentement et paresseusement, en marquant de longues poses entre chaque phrase. Comme pour faire durer mon attente passive.. Aiguiser ce désir qui montait en moi autant qu'en toi, mon amour... je présume... Toi, si jaloux pourtant.

Cat s'est remise à effleurer mon entrecuisse. D'une seule main. Car de l'autre, elle traçait les courbes que ce contact lui inspirait. Sa craie caressait le papier. Ses caresses dessinaient la volupté en effleurements aussi légers que les traces pastel sur la feuille blanche. De temps à autre, du bout du doigt, elle estompait une ligne.

Sans cesser de dessiner ni de toucher, elle commentait :
– C'est là une expérience purement artistique, tu comprends bien, n'est-ce-pas ? Il faut se dégager de toute interprétation sexuelle. Un peu comme lorsque tu vas chez ta gynécologue. Elle te palpe, te pénètre, sans sentiment ni émotion érotique, professionnellement. Dans un but médical. Mon but à moi est esthétique. Je te montre comment appréhender un corps dans sa dimension charnelle et tactile.
Je pourrais aussi te goûter...

Elle avait prononcé ces derniers mots avec gourmandise. S'ils lui donnaient visiblement l'eau à la bouche, chez moi ils faisaient sourdre une source de plaisir au creux de mes chairs les plus intimes.

– Avec les doigts mais aussi avec la bouche, a-t-elle tenu à préciser. Pour transcrire sur le papier ton goût. Mettre ma langue entre les lèvres de ton sexe, l'insinuer doucement dans ton étroit fourreau. Venir butiner ton clitoris de la pointe de ma langue. Je suis sûre que tu ne connais pas la sensation d'une bouche de femme sur ton sexe de femme...

Sa voix sensuelle, légèrement voilée, chacun de ses mots, exacerbaient mon envie de ses lèvres, de sa langue, de sa salive se mélangeant à l'eau de mon désir. Elle inclinait son visage vers mon sexe mais, de temps en temps, le relevait et plantait son regard couleur miel dans mes yeux. Je n'avais jamais vu Cat d'aussi près. J'étais soudain émue par la pulpe de ses lèvres. Les pâtisseries qu'elle avait dégustée les avait débarrassées de tout maquillage, la carnation naturelle de ses lèvres, luisantes de salive comme un bonbon à la fraise longtemps sucé, apparaissait. J'ouvrais un peu plus les cuisses, j'y invitais sa bouche gourmande :

– Oh oui, goûte-moi ! Je ne sais pas ! La bouche d'une femme doit être si douce... je ne connais que celles des hommes, aux contours toujours un peu râpeux.

Avant de plonger son visage dans le nid que je lui offrais, elle m'adressa un regard coquin et humide de désir :
- Ça reste, bien entendu, une expérience purement artistique : Vive les arts plastiques !

La suite ?... les mots me manquent pour décrire cette volupté ! Douceur infinie, mêlée à une tendre violence. Jouissance accrue de cette certitude secrète qu'au-delà d'une caméra cachée, tu la partageais avec moi, mon amour, jusqu'à ce qu'elle explose sous la langue affûtée de ma professeure !...

12-04 :

Sous l'oeil de tes caméras je me sens devenir chaque jour un peu plus belle. Et monte chaque jour en moi davantage le désir, le besoin, la nécessité, de séduire. Chacune. Chacun. Partout. Où que j'aille. Il suffit d'un sourire de ma part, d'un mot aimable à un commerçant ou une commerçante, pour que je lise dans un regard, une attitude, un ton pour me répondre, les effets de mon charisme. C'est très amusant. Depuis la petite expérience avec Cat, j'ai appris à regarder les femmes autrement et l'univers féminin m'est devenu séduisant. Avant d'être des rivales, mes consoeurs sont d'abord des proies, des proies dont je sais moi-même mesurer le charme. Quand je posais sur elles des yeux distants, elles étaient plus froides. Maintenant elles se réchauffent sous le regard empli de tendresse et de complicité que je leur porte. Elles embellissent parce que je leur reconnais le droit d'être belles. Non pas seulement pour les hommes, mais d'abord pour moi. Pour mon seul plaisir. Je me suis débarrassée de cette défiance que j'avais à leur égard. Plus que les hommes, je leur inspire confiance. Je sais qu'elles pourront se livrer à moi, non seulement à travers la parole et l'amitié mais aussi au travers du langage du corps et de la séduction. L'amour, mon amour, c'est à toi seul que je le réserve !...

Mais ne va pas croire que je veuille limiter mon « tableau de chasse » aux femmes. D'ailleurs, au fond, je n'apprécie les femmes que parce que tu les aimes. Si j'en ai ramené une à la maison, s'il se peut que j'en ramène d'autres, c'est d'abord pour ton plaisir. Je sais combien les hommes aiment le spectacle de deux femmes ensemble. A moins que ce ne soit un alibi que je me donne ?... Oui, à vrai dire, dans ce jeu de la séduction, éclos sous ton oeil voyeuriste, je ne sais ce qui m'excite le plus : savoir que j'offre mes ébats à tes regards, voir l'autre fondre sous mon charme, ou, cerise sur le gâteau, l'idée de la jouissance qui couronnera ma quête ?

Sais-tu qu'un garçon prend maintenant part aux cours de Cat ? Du moins pendant les vacances scolaires... Car il est encore lycéen. Il vient ici soi-disant pour préparer l'option arts plastiques de son baccalauréat. Mais je le soupçonne d'être moins intéressé par le dessin que par la plastique des modèles nus. Il serait encore puceau que ça ne m'étonnerait pas. Il rougit quand je lui adresse la parole. Devant tant d'innocence, il me prend l'envie de parfaire son éducation sexuelle. Pour le mettre en confiance j'ai amené la conversation sur le terrain Internet : Lui qui aime dessiner ne fréquente-t-il pas ces merveilleux sites et forums sur lesquels on peut publier ses oeuvres ? Pas vraiment, il préfère tchater. Ah ! C'est quoi son pseudo ? Ça dépend, me répond-il en rosissant, Oman (prononcer Omane) Opium43, ou encore Adlibitum. Moi, sur le net, c'est Carla ! Nous échangeons nos e-mails. Je suis sûre qu'à peine rentrée chez nous j'aurai un message de sa part. Je découvrirai une autre facette de sa personnalité, immanquablement plus libre. Il va pouvoir s'y « lâcher » sans retenue !...

Cat surveille nos échanges d'un oeil inquiet. Garde-t-elle sur la langue le goût des baisers qu'elle m'a donnés et que je me refuse à lui rendre ?

13-04 :

« De Adlibitum à Carla : Objet : Kikou Carla !
Comment ça va ? J'ai pensé à toi toute la nuit ? Sais-tu que tu es très belle ? Bon, OK je suis pas très original... et je suis bête : bien sûr que tu le sais, tu peux pas ne pas le savoir.
Que fais-tu aujourd'hui ? Dis-moi tout. Je veux tout savoir de toi. Enfin... si tu veux bien. En amis, rassure-toi ! Tu es mariée. J'ai rien à attendre de toi. Et j'attends rien. Qu'un peu d'amitié, peut-être... J'aime la compagnie des femmes plus âgées que moi. J'ai beaucoup à apprendre d'elles. Je pense avoir beaucoup à apprendre d'une femme comme toi. Belle, sereine, qui avances dans la vie avec... comment dire ? Quelque chose en plus...une certaine assurance, ou confiance. Une expérience, koi ! »

Tel est le premier mail qu'Adlibitum m'a adressé aujourd'hui, qui fait suite à une succession de messages très brefs échangés hier et qui en précède quelques autres :

« De Carla à Adlibitum : Objet : Réponse à Jh cherchant f expérimentée... lol
Adlibitum, tu veux donc dire que tu rechercherais volontiers ma compagnie ? En dehors des cours de dessin ? Je n'ai aucune, absolument aucune idée des choses que je pourrais t'apprendre et que tu ne connaisses déjà, lol... Ai-je donc l'air si « âgée » pour paraître si... riche d'expérience ?

« De Adlibitum à Carla : Objet :Re : réponse à Jh cherchant f expérimentée... lol
Oh non ! C'est pas ce que je voulais dire. Tu as, koi, 30 ans ? au maximum 35 ? Juste assez pour être aussi belle que tu es. Ce serait super cool si on pouvait se voir, je sais pas, juste prendre un verre ensemble, discuter. En copains, naturellement. »

« De Carla à Adlibitum : Objet : Re : Re : Réponse à Jh cherchant f expérimentée... lol
Alors le verre on pourrait le prendre chez moi. Qu'en dis-tu ? Je t'invite à venir prendre un goûter. Je confectionnerai pour toi une espèce de mixture, moitié dessert, moitié boisson, une recette perso à base de miel. Tu aimes le miel, j'espère ? Et puis, si tu n'aimes pas, ce n'est pas grave. Tu aimeras de toute façon si... »

Le but du jeu était de mettre en confiance mon jeune ami tout en aiguisant sa curiosité... érotique. Lui laisser entrevoir que je nourrissais à son égard quelques desseins libidineux. Faire monter son désir comme une mayonnaise.

« De Adlibitum à Carla : Objet : Re : Re : Re : Réponse à Jh cherchant f expérimentée... lol
Si koi ? Que veux-tu dire Carla ? »

« De Carla à Adlibitum: Objet: Re: Re: Re: réponse à Jh cherchant f expérimentée... lol
Si c'est moi qui le déguste là où c'est bon... pour toi. »

Je l'imaginais, pourpre derrière son clavier dont, dans son émoi, il devait entrechoquer les touches en me répondant :

« De Adlibitum à Carla : Objet : Re : Re : Re : Re : Réponse à Jh cherchant f expérimentée... lol
OK. A kel adresse ? À kel heure ? Ton mari ne risque pas de... ce n'est pas que... non, en toute amitié, bien sûr, mais tu sais comment sont les maris... »

« De Carla à Adlibitum : Objet : Re : Re : Re : Re : Réponse à Jh cherchant f expérimentée... lol
Et comment ! J'en élève un depuis 9 ans ! »

Voilà, mon amour, voilà comment, tout en douceur pour ne pas l'effaroucher, j'ai amené mon jeune ami jusque chez nous. C'est de ta faute. Fallait pas installer des caméras cachées. Ou bien il fallait mieux les cacher ! Tu m'as donné des idées. Eh bien tu vas en avoir pour ton argent ! L'épisode avec Cat, ça n'a été qu'une... mise en bouche.

Quinze heures... Il est à l'heure à mon rendez-vous. Peut-être même aura-t-il fait le poireau quelques minutes, caché dans la rue en bas de l'immeuble, pour ne pas être en avance. Pour reprendre son souffle. Pour essayer de calmer l'affolement de son cœur. Pauvre petit palpitant, je crois l'entendre battre la chamade quand je lui ouvre la porte, tant ce garçon a l'air effarouché !
Pourtant, j'ai renoncé à endosser la panoplie de femme fatale. Non, je le reçois dans une mise très simple : jean, petit pull fluide à peine échancré sur mes seins libres de tout soutien-gorge.
Bien sûr le jean moulant sculpte à merveille mon petit cul rebondi juste ce qu'il faut.
Bien sûr le pull vert émeraude est assorti à mes prunelles.
Bien sûr, il est si fluide que les pointes de mes tétons sont visibles. Mais pas tout le temps. Parfois seulement, si un frisson, pas forcément érotique, un courant d'air, une brise ou une légère fraîcheur, les font s'ériger. Si fluide aussi, qu'au moindre mouvement, je sens mes seins bouger avec grâce et souplesse.
Bien sûr, si je me penche un peu, il pourra les apercevoir par l'échancrure... j'espère qu'il mourra d'envie de les caresser, de les prendre entre ses lèvres.

Non, je ne veux pas l'allumer, ce jeune homme, juste l'émouvoir un peu. L'air de rien, l'air de celle qui ne sait pas qu'elle est sexy. Seulement une jeune femme simple, naturelle, décontractée. Qui reçoit un garçon à la bonne franquette. En copains. Sans idée préconçue :

- Tu vas m'aider à préparer mon breuvage, Arthur ! Je peux t'appeler Arthur ? Tu n'es plus Adlibitum ici...
- Ça consiste en quoi ?
- A vrai dire, tu n'as pas grand-chose à faire... Tu pourrais... faire fondre 2 noix de beurre dans une petite assiette. Au micro-onde, 30 secondes.

Il s'agit surtout de le mettre à l'aise. L'occuper est le meilleur moyen de le destresser. C'est moi qui n'ai plus rien à faire, du coup ! Bon, on dirait que ce serait moi la prof, ou la chef cuistot. Je donne les ordres, il exécute. Il est mon commis. Le beurre fondu, je lui fais touiller dans un bol avec le miel additionné à de la liqueur de coquelicot. De temps en temps, je prends sa main qui touille et le guide... Je plonge un doigt, je goûte, je replonge le doigt, je le porte à sa bouche et l'invite à lécher : « C'est-i-bon ? »
- C'est très... sucré, dit-il en devenant presque aussi rouge que la liqueur de coquelicot. Ça se mange...seul ou avec ?...
- Avec des boudoirs ! Des boudoirs que l'on nappe dans la sauce ! Et un petit thé. Oh ! J'allais oublier le thé ! Tu aimes le thé ? Thé à l'amante peut-être ? Préfères-tu un café ?
- Ça m'est égal. Je prendrai la même chose que toi.
- Oh ! moi, c'est pas pareil, j'ai une façon très particulière de déguster ça. C'est un autre boudoir que je nappe de cette sauce.

Regard brillant et gourmand vers sa braguette. Il rougit de plus belle. Sous la braguette tendue, je devine une alléchante tumescence...

- Fais pas cette tête, Adlibitum ! Je vais pas te manger ! Enfin… je sais pas... peut-être que tu aimerais ça : que je te mange, que je te déguste ! nappé de mon breuvage, qui n'a plus aucun secret pour toi.

Je m'approche de lui. Je pose une main sur la turgescence qui tend son jean et mes lèvres sur les siennes. Sa langue s'enroule à la mienne et l'entraîne dans une danse savoureuse. Je déboutonne sa chemise, glisse mes doigts sur son jeune torse encore imberbe. J'arrache ma bouche à la sienne pour baiser sa poitrine. Je m'attaque à son ceinturon avant de libérer ce jeune membre virile qui jaillit, triomphant, sous mes paumes caressantes. J'extrais le gland de son écrin, l'effleure, le palpe, serre la hampe dressée entre mes doigts, attrape ses couilles à pleine main. Il est encore adolescent, je crains qu'il ne puisse maîtriser longtemps le plaisir qui monte en lui. Me laissera-t-il le temps de le déguster à la sauce au miel, comme je le souhaite ?

- Attends ! Je suis une artiste, il me faut mes outils !

Je m'éclipse quelques secondes, je reviens avec un pinceau. Je trempe celui-ci dans ma mixture avant d'en enduire son bas-ventre, ses testicules et son pénis. Puis je le lèche avec délectation. Son sexe est extrêmement tendu sous ma langue, si tendu que ce serait dommage de ne pas en profiter... J'ai envie de m'empaler sur ce jeune membre vigoureux. Je le pousse jusqu'à notre chambre.

C'est drôle, le plus souvent, il faut qu'un homme me tripote ou me suce pour que naisse en moi le désir de lui, mais là, son émotion, cet effet de surprise et ce plaisir que j'imagine lui procurer, suffisent à me transmettre cet émoi érotique. Et puis, aussi, la confusion des sentiments que je te prête, mon amour, - excitation mêlée à une terrible jalousie !… - à toi dont je sais, posés sur moi, les regards voyeurs !

Je l'assieds sur notre lit. Je me débarrasse de mon jean et de mon string. Je plaque ses mains sur mon corps. Partout. Je veux qu'il sente combien je ruisselle de désir, je veux que ses caresses accroissent encore mon émoi. Lui, il est comme un gosse, fou de joie devant le merveilleux cadeau qu'il déballe. Il met ses mains et ses lèvres partout. Il ne me faut pas attendre une seconde de plus pour m'embrocher sur son superbe phallus. Il jouit immédiatement.

Ce n'est pas grave... nous prendrons un peu plus notre temps, tout à l'heure, la deuxième fois qu'il me pénétrera.

Qu’il me pénétrera… non point qu’il jouira…
La deuxième fois qu’il jouira ce sera…

Surprise, mon amour, surprise !… Et ne sois pas jaloux, même si lorsque sous tes yeux ébahis, tu me vois lui accorder ces caresses que tu aimerais davantage te voir offertes. Même si c’est sur son jeune corps que tu vois mes lèvres, ma langue courir avec agilité et se délecter de cette sauce artisanale dont tu n’auras pas la primeur. Même si c’est son sexe que tu me vois ranimer, goûter et avaler… Même si c’est sa semence qui coule dans ma gorge… Ne sois pas jaloux ! c’est à toi que je penserai ! c’est ta pensée qui m’excitera ! c’est t’imaginer me regardant qui me fera jouir en communion avec lui tandis que le goût salé de son sperme se mêlera à celui du miel et du coquelicot ! A peine aurai-je besoin de flatter mon clito d'une main nonchalante pour m’amener au comble de la jouissance !

La deuxième fois qu’il me pénétrera… il devra m’avoir méritée. Il aura dû, à son tour, répandre sur mon corps et ses parties les plus tendres, mon savoureux breuvage, s’en délecter, m’arracher des cris de plaisir avant d’avoir le droit de s’introduire en moi.

Ce qu’il y a de bien avec les jeunes c’est qu’ils ne sont jamais fatigués ! Il faut freiner leurs ardeurs, ne pas en attendre immédiatement des performances qualitatives... Mais ils se rattrapent sur la quantité. Comme les grossistes (lol)… Quant aux détails c’est à nous, leurs maîtresses, de faire en ce domaine leur éducation ! Quel plaisir pour moi que ce nouveau rôle ! C’est un peu comme faire faire à un bébé ses premiers pas : au début il faut le guider, puis il s’élance seul mais vaillamment. Il chute rapidement mais on est là pour lui tendre les bras, le réconforter de baisers, le rassurer et il repart aussitôt. Vite tombé mais si vite remis debout !

Avec Arthur, alias Adlibitum, je serai là aussi, pour remettre les pendules à l'heure, lui éviter les écueils d'un jeune coeur en demande sentimentale, quand, dans un élan de passion sexuelle, entre deux estocades, il s'écriera :
- Je t'aime ! 
– Pas de je t'aime, jeune homme ! On avait dit « en amis », rappelle-toi ! D'ailleurs, désirer n'est pas aimer. Je t'aime beaucoup, mais je n'aimerai jamais que mon mari. Dis-lui bonjour, il nous regarde ! Souris, tu es filmé ! Je plaisante... Je suis une femme fidèle, qu'est-ce que tu crois ? Si si ! Tout ça c'est pour semblant ! Je veux dire, pour t'apprendre... tu m'as demandé de te transmettre mon expérience. Je m'y applique consciencieusement. Je dois reconnaître que c'est très excitant. Touche comme je suis encore toute mouillée ! Touche, là, entre mes cuisses ! Ça fait du bien... Tu peux à nouveau y mettre la bouche, la langue. Tu peux y rajouter ma sauce au miel si tu veux...
Oh oui ! Là... C'est bon !... Encore !... Plus doucement !... Là, comme ça, c'est bien !...
Qu'est-ce que tu dirais si on était réellement filmés ? Ça t'exciterait ?... Tu as peur, hein? Tu trembles ! N'aie pas peur, je suis là ! Je t'aime... comme une grande soeur, une grande soeur un peu incestueuse.. 

Arthur mettra à me faire l’amour un entrain plein de candeur et de fougue qui me ravira. A chaque nouvel assaut j’aurai un peu plus envie de sentir les chairs délicates de ma fleur - comme tu la nommes dans tes moments tendres, mon amour – se resserrer sur son jeune dard, puis le happer goulûment avant d'exploser sous ses coups de pilon. Pour qu'il aille plus profondément dans ma fente écartelée, pour vous donner le spectacle de mon petit cul tendu tel celui d'une chatte en rut, j'abandonnerai toute pudeur et n'hésiterai pas à m'offrir à quatre pattes, sans autre dessein que celui d'être prise comme une bête et d'en jouir jusqu'à plus soif.

Quand, deux heures et demie plus tard, il me quittera, après une bise fraternelle, je lui dirai :
- C'était ta première leçon d'érotisme... mais tu n'en auras pas besoin d'autre. Je suis sûre que tu sauras, désormais, très bien te débrouiller sans moi... Mais n'oublie pas d'être inventif ! A jeudi prochain, au cours de Cat !

14-03 :

Hier soir quand tu es rentré du bureau, mon amour, tu as posé sur moi un regard que je ne te connaissais pas. Noir, ardent, douloureux ! J'ai décidé d'appeler passion cette lueur allumée par le désir et la jalousie mêlées.

Tu t'es jeté sur moi, tu as arraché mes vêtements, tu m'as juste laissé mon string. Tu as pétri mes fesses, bu mes seins et ma bouche. Gardait-elle ce petit goût de laitence ? Savais-tu que je savais que tu savais ? N'avais-tu pas, quelques heures plus tôt, remarqué mon regard, tourné vers les miroirs dissimulant les caméras, tandis que mon jeune amant me chevauchait ?

Tu m'as sauvagement poussée vers notre lit. Tu m'as installée à genoux, le buste penché en avant comme si je me prosternais. Tu t'es placé derrière moi. Tu as écarté la ficelle de mon string, tu as passé ta langue entre mes fesses. Je sentais ta salive couler sur et dans mon anus. C'était bon. Puis, avec une soudaine délicatesse, comme si tu voulais panser les blessures infligées par les manoeuvres d'un amant trop fougueux, tu as goûté au suc de ce sexe un peu endolori par les assauts de celui-ci. Ce sexe de femme encore suintant et chaud de la semence d'un rival. A présent, c'est à toi seul que j'en faisais l'offrande. Tu t'es enivré de mes senteurs animales et femelles avant d'y glisser ton dard. J'ai tendu ma croupe à l'extrême, t'invitant à aller toujours plus loin en moi. Sous la soie de mon string, tu pianotais sur mon bouton gorgé de plaisir. Tour à tour doux et ardent, tu as contrôlé ta jouissance jusqu'à me faire défaillir, presque, sous une overdose de volupté.

Tu t'es alors retiré, tu es allé chercher je ne sais quoi dans la cuisine. Le reste de mon beurre au miel peut-être ? Tu m'as passé cette crème entre les fesses. Tu les as longuement léchées et massées jusqu'à leur faille dans laquelle tu as manoeuvré ton pouce avant d'y enfoncer très lentement ton pieu. Un long frisson est monté du bas de ma colonne vertébrale jusqu'à la racine de mes cheveux. Comme quelques minutes plus tôt je m'étais abandonnée à tes coups de butoir contre le fond de mon ventre, je me suis livrée à ta queue qui fouissait un étroit chemin de traverse vers mes reins. En même temps tu pétrissais ma chatte. J'inondais tes doigts de ses pleurs. De l'autre main tu tirallais la pointe de l'un de mes seins. Tu me faisais un peu mal. J'aimais que tu me fasses mal, que cette sensation presque douloureuse se mêle à mon plaisir. Comme s'il m'avait fallu aller le plus loin possible dans la jouissance. À la limite de la souffrance.

Lorsque j'ai hurlé, et que ton râle a rejoint mes cris, je n'ai su si c'était de douleur ou d'extase.

 

 

 

 

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