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Ce qui trouble Lola
de Françoise Simpère

 

 

Vive, sulfureuse et légère, fraîche comme une flamme. C’est de l’écriture de Ce qui trouble Lola, de Lola peut-être, de Françoise Simpère aussi, que je parle tout à la fois. On ne peut pas confondre, pourtant, un auteur et son œuvre, pas plus qu’on ne peut l’en dissocier, on n’écrit pas qui l’on est mais on écrit toujours avec ce que l’on est, a appris au hasard ses rencontres et a mûri en son sein avant d’en offrir le lait, transformé par l’alchimie de ses propres secrets, a qui a le goût de le boire.

De la plume de Simpère, coule cette alliance de sensations contradictoires sur le palais, comme un cocktail élaboré par un barman savant et facétieux, et dans la profondeur de la gorge le velouté sensuel se mêle au pétillement des bulles, une douceur qui trompe jusqu’au moment où le coup de bambou, sur la nuque ou fiché dans le ventre, vient vous rappeler que tout cela n’est pas si anodin.

La touche est légère, Françoise Simpère sait parler de backrooms ou de pénétration anale sans rien de glaireux. Le voyage se fait en bonne compagnie, elle vous tient délicatement par la main jusqu’au bord où l’on glisse, c’est la chute d’Alice vers le Pays des Merveilles, vertigineux flottement dans le trou sombre et troublant, celui qui attire Lola, qu’elle a envie d’explorer chez l’amant, de pénétrer en tout interdit, avec tendresse et curiosité. L’abandon de l’amant permet à Lola l’abandon de ses propres barrières, elle le possède avec une grâce légère, s’offre d’autant plus facilement à son tour alors qu’elle ne pouvait avant qu’offrir du plaisir.

Françoise Simpère s’enivre avec ses lecteurs d’interdits mais comme ce peut-être le cas avec l’alcool, elle a le sexe joyeux, l’intense chez elle est libre et gai. 

 

 

 

 

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