La revue Le laboratoire Les salons L'oeuvre Les plumes

 

 

Rappel méthodologique :

Ce premier «exercice de style» vise à marier l'art de la poésie et celui du bondage en faisant des gammes de «bondage littéraire» et d’enfermer l’écriture dans un carcan de règles plus strictes qu’un laçage rigoureux, ligoter la langue jusqu’à ce qu’elle soit totalement libre, d’elle-même.

Exercice de suprématie féminine

_ Exercice de style n°II _
Bondage littéraire

Le défi que nous nous lançons et vous lançons… car c’est votre prose que nous attendons aux côtés de la notre, maîtresses plumes ou novices talentueuses / talentueux que vous êtes, est le suivant :

- Écrire et proposer sur ce site une nouvelle ou un fragment érotique (longueur libre… de 20 lignes à plusieurs pages) écrit en interdisant toute apparition d’un mot de genre masculin ! Il peut n’y avoir que des hommes, que des femmes, les deux, dans le rapport que vous déciderez… mais tout le texte doit être écrit exclusivement avec des mots qui s’accordent au féminin.


Contributions :

Angéliques, de Julien Hommage

ELLES se moquaient délicatement en trilles suaves des terres inférieures, où les âmes punies retournaient s’exposer aux cruautés de destinées dont elles jouaient. ELLES étaient des Apsaras, les âmes supérieures, élevées à leur dignité par une essence divine, dont la nature était, ELLES avaient su l’entrevoir dès les jours de leurs vies humaines, évidemment féminine.
Orientales ou européennes, andines ou d’ébène, elles se paraient des beautés de leurs races, sublimées par leur ascension au-dessus des nuées.

Les plus pâles avaient paré leur peau de lumière, leurs mains délicates ondoyaient en fluorescences cristalline, leurs paupières en battant laissaient fleurir des paillettes flottantes qui se pétrifieraient au bout de quelques secondes en aiguilles de verre, que parfois délicatement elles saisissaient pour inciser les blanches nuées sur lesquelles elles s’alanguissaient. Les volutes sous la coupure se déchiraient sans plainte, seules quelques larmes, en rien différentes de gouttes de rosées, perlaient parfois à la surface de la brume sensible, souffrante, aimante, dévouée.

Quand les héroïnes terrestres de la suprématie féminine étaient désignées par l’Essence pour jouir d'une vie éternelle, leur récompense devait être complète. ELLES appelaient à les suivre ou rejetaient dans la glaise, selon leur volonté, leurs pauvres victimes terrestres, asservies à leur cruauté. Celles-ci étaient alors transformées en cette matière serviable, corvéable à merci, dont les dominatrices immortelles tiraient toutes les utilités qui les tentaient. Les âmes esclaves, à la chair ainsi recomposée en vapeur blanche, étaient alors remodelée à la volonté des créatures sublimes qui s’appelaient les Angéliques, au féminin car la question sexuelle sur la nature des angèles avait là-haut vite été tranchée.

De leurs anciennes proies, devenues serves à jamais et vaporisées en matière brumeuse, les beautés divines formaient les cours et les murailles de ces citadelles de volutes qu’elles désiraient fouler. Mais elles aimaient aussi fendre avec les aiguillettes sus-citées la surface fine des paroies pour en révéler la chair la plus tendre et mordre à belles dents, par gourmandise, puis sentir dans leur gorge couler les rosées de larmes qui leur étaient encore dédiées.

ELLES s’amusaient des voilures déchirées par les tortures capricieuses qu’ELLES inventaient, plus effilées qu’une dague, et lorsque la bouchée de volute se dissolvait dans leur gorge, s’infusait dans les veines translucides dont les Angéliques étaient merveilleusement nervurées, elles se sentaient traversées de délicieuses extases. Gourmandes, insatiables, ELLES déchiraient alors avec une jouissance compulsive la victime désignée, dont la matière de fumée se reformait à mesure que l’Angèle le dévorait, et les perles de souffrance naissant à la surface de la volute étaient cueillies de la pointe de la langue, comme une liqueur suprême à savourer.

 


Soubrette, de Julien Hommage

« Viens me voir, petite soubrette », dit la brune formidable à la chose docile, délicatement épilée, qu’elle avait entrepris d’asservir. Trébuchante sur ses talons, limitée par ses liens, la victime obéit à la pression de la laisse fermée sur la racine de sa queue. Ses larmes pointaient et, canalisées sur la peau par la courbe des pommettes, venaient chatouiller de leur liqueur salée la commissure de ses lèvres. Incapable de lutter contre la douleur sourde que chaque traction déclenchait en ses bourses, la petite chose entravée se laissa attirer à frôler de sa poitrine, zébrée par le fouet, celle arrogante de sa tourmenteuse.

La Maîtresse fit passer la laisse entre ses cuisses et, tirant sur la courroie, elle força sa créature à approcher plus prés de sa chair gourmande. A chaque seconde, sa victime se sentait plus exposée à la punition que la Divine saurait inventer pour châtier l’inéluctable erreur, l'impertinence de l'esclave frôlant même malgré lui sa Déesse. Moqueuse, elle laissa tomber de ses lèvres pleines la sentence, imminente, pour la faute annoncée.

La panique fit battre les paupières chargées d’arabesques de la soubrette, mettant en mouvement les lignes délicates par lesquelles la brune l’avait féminisée. La cheville de la créature servile trembla. Elle avait essayé de reculer d’une enjambée mais, venant se poser à la surface de sa peau, exposée par la sandale fine qu’on l’obligeait à porter, la semelle épaisse de sa Maîtresse l’emprisonna comme une biche frissonnante. La botte pesa, faisant naître une grimace, puis une traction vive sur la laisse colla toute la chair frémissante contre les formes, cuirassées de laque sombre, de la dominante.

« Perdu », susurra-t-elle dans l’oreille que tout de suite après, elle pénétra profondément de sa langue brûlante, envahissante, possessive.

 


Epreuve, de Julien S.L

La main qui hésite
Devant cette porte
Mais qu'importe,
C'est l'heure de la visite
L'heure de faire mes preuves
De prouver que je suis digne d'elle
A accepter sa tutelle
En subissant ses épreuves ...
Selon sa volonté
Paroles en kalachnikov
J'ôte toutes mes étoffes
Pour lui présenter ma nudité
Puis les rotules malheureuses
Qui partent à la conquête,
Les mains sur la tête,
D'une règle douloureuse.
Ensuite, en signe de soumission
Subir la morsure sensuelle
De pinces bientôt cruelles,
Les porter avec passion
Sans une plainte
Dans l'immobilité
De ma nudité...
Enfin, la complainte
D'une baguette
Cinglante
Et brûlante
Alors qu'elle guette
Mes premières larmes ....
Face contre terre
devant ma propriétaire,
je me rends à ses armes ....

 

Après-midi d’errance, par Morphine

Demoiselle impétueuse indomptable et libre
Une adresse à laquelle abandonnée, elle vibre.
Flambée de deux pupilles complices…
La veste tombe, la peau est douce et lisse.
Les mains se tendent vers la lumière
Se rendent sans plainte à cette lanière
Les paupières sont fermées, étoffe molle…
Les lèvres murmurent une dernière parole
Tendue, soumise, nue, sans aucune trêve possible,
Caresses tendres suivies de sensations indicibles.
Lianes fermes et poitrine en extrême tension
Pincettes expertes, subtiles lentes torsions
Les profondeurs intimes s’ouvrent consentantes
A des humiliations profondes et lancinantes
La raison s’évanouit et emporte toute convenance,
Amazone domptée esclave de cette jouissance.
Perte de toute pudeur, explosion humide imminente…
Liberté retrouvée, elle embrasse cette nymphe dominante.

Soirée de convenance…

Cicatrice invisible sous sa robe en transparence,
Seule, à cette terrasse, elle en fredonne la frénétique cadence.


Escapade, de François Robillard
"A la façon d'une lettre, adressée par Charles Baudelaire à son amante Jeanne Duval".

Très chère,

Tout n’est pas que caresses, pénétrations amoureuses, courbes, odeurs suaves et exaltations sensuelles dans la passion amoureuse. L’ironie de la découverte de l’autre, de descendre dans une escapade avide jusqu'à cette niche mystérieuse où s’y découvre une agate précieuse, est d’y trouver aussi parfois la trace des affres passées. Des affections que nul ne saurait aborder qu’avec une prudence certaine.

L’écume de ces dunes enivrantes n’est parfois que l’extraction d’une ciguë sans nom. La verge puissante, enivrée par les pulsations de ses aspirations parfois insensées n’en est pas moins dangereuse. Comme les vagues d’une mer agitée, qui va chercher la baigneuse insouciante, la happe dans une valse féroce jusqu’au limite de la mort. La projetant sans égard contre les irrégularités et structures de ses bases jusqu’à s’en être repaît de manière dissolue. La rejetant sans courtoisie, brisée, dans une suite de vagues, quelque peu apaisée parmi les rognures échouées des belligérances passées.

Veuillez me pardonner l’impétuosité de mes affections. L’arène de nos éclaboussures n’en saurait tolérer de plus impétueuses. Votre absence lors de ma dernière croisière n’a fait qu’accentuer l’affliction de ne plus être en votre présence. Lors de nos retrouvailles, une chaleur ardente submergea toute ma nature à en fondre mes entrailles et, précipité par cette vivacité soudaine, je n’ai pu retenir cette ardeur qui est mienne. Je n’ai pas pris attention à votre frêle nature, ni à vos dispositions d’alors. L’impatience de ma nature n’a trouvé qu’une proie innocente en votre personne pour y éteindre ces flammes dévorantes qui, depuis notre première rencontre, ne font que torturer ma chair et mon âme.

J’ose espérer vous revoir rapidement, afin qu’en cette journée que j’attends avec impatience, je puisse vous porter aux nues et vous démontrer mon admiration fervente avec une tendresse renouvelée.

 


Envoûtante, de Michel Bunel

Envoûtante. Vous êtes envoûtante. Vous, votre chevelure flambant comme la nue à l’approche de la nuit. Ondulante vague que vous vous plaisez à laisser nonchalamment glisser sur ma joue lorsque vous vous penchez pour corriger mes épreuves.

Intimidante, terriblement intimidante, lorsque m’effaçant pour vous tenir la porte, vous jouez à me frôler comme pour mieux m’investir de vos phéromones qui m’encapsulent en une bulle de fragrance délicate et sensuelle, et me laissent à la dérive pendant que meurt doucement par delà la verrière la danse de votre démarche chaloupée.

Bandante. J’ose cette rudesse, délicieusement bandante. J’essaye de vous cacher l’émotion qui m’empourpre la face, mais je jurerais que vous avez sciemment déboutonné plus que de raison cette lingerie qui m’offre une vision vertigineuse. Voici que je m’enfièvre et cherche par delà vos rondeurs lactescentes l’imminence d’une brune auréole.

-Ah oui, bien sûr, je vais corriger. Et pendant qu’animé d’une vigoureuse rage, je crayonne, biffe, rature, vous voici appuyée à la fenêtre, suçant négligente la gomme qui me fait cruellement défaut.

- Vous permettez ? D’une unique foulée féline, je suis à votre côté, vous prend délicatement la main pour retirer la gomme de votre bouche, mais vous vous méprenez, et vos lèvres s’inclinent dangereusement vers les miennes, tandis que vos paupières choisissent de ne pas voir.

Vous êtes –ah, comment dire ?- outrageusement consentante. Il y a déjà belle lurette que l’auréole convoitée s’est échappée de la brassière, que bien d’autres pièces de lingerie hâtivement déboutonnées sont venues se coucher sur la moquette où vous-même…

-Avez-vous au moins fermé la porte à clé ? Oh oui, j’ai bien fermé, ma belle, ouvrez-moi maintenant d’autres huisseries. La lumière baigne votre peau que ma main caresse telle une boiserie ancienne. Vous frémissez comme une précieuse marqueterie cependant que je hume à votre entrée secrète la capiteuse odeur de cire d’abeille. Et d’ailleurs, si vous consentiez à vous appuyer à cette table.

Stridente. Stridente et déchirante la sonnerie. Je décroche.

-C’est pour vous. Pour vous qui m’offrez dès lors votre plage arrière délicieusement rebondie, poursuivant imperturbable votre conversation pendant qu’une frétillante anguille fraye sa route vers vos rives inondées. Pour vous, toujours si accueillante, si suavement professionnelle.

 


Loup et agnelle, par Dorique

Agenouillée sur les chevilles, mains jointes sur la rondeur des fesses, chaîne en guise de laisse, taille serrée, première phase, position de base, impérative en votre présence. Ne pas baisser les paupières sur la brillance adamantine, saveur de la douceur/douleur, selon votre volonté, pour votre seule envie. Ecrire …écrit-on des images ?

Elles rêvent, elles dansent, elles floconnent dans de pourpres et initiatiques bacchanales. Matière, rêveries, longue tresse cotonneuse blanche, attachante, sur une draille aux intersections nouées. Parenthèses dominicales, heures suspendues. Pourtant c’est de durée qu’il s’agit, une durée particulière. Chair, muqueuses, respiration, humidité, sueur, odeur, plainte, blessure et fente vallée féminine, désirante, patiente vous sont soumises. « Ecarte les jambes ! » Elle les écarte. Elle vous donne uniquement ce que vous ordonnez. Elle est obéissante. Ses lèvres s’ouvrent, elle est gênée, honte et fierté, elle sait votre attention.

Loup se penche et lèche la fourche offerte. Elle gémit, il recommence… la langue est chaude, habile et tendre, connaissance de la fleur éclose. La vague issue des entrailles naît rapidement mais il l’interrompt…Danse méthodique des mains longues et fines, corde blanche déroulée, tournée selon des arabesques connues d’elles seules. La position est celle qu’il a décidée. Loup entame une cérémonie qu’il aime. La géométrie des attaches l’émeut. L’avancée lente et ferme intériorise Agnelle. Plénitude d’une jouissance cérébrale. Brèves plaintes syncopées. Transmission d’une facette jouissive secrète. Elle frémit de recevoir cette émotion qui rejoint la sienne, profonde, augmentant d’intensité au fur et à mesure des contraintes, au fur et à mesure de la confiance, de la nudité soyeuse déployée. Immobile, elle passe une frontière, dépossédée.

Elle est livrée à l’attention ou à l’indifférence, à la main ou à la verge, à la caresse ou aux gifles, aux lèvres ou à la morsure, à la présence ou à l’absence, à la tension de Loup. Elle est livrée aux heures, à l’érosion, à la fatigue, à l’usure…Peut-être aux larmes…jusqu’à la prière, la grâce suppliée. Loup devra être fort, résistant…devant la générosité de cette offrande, suprématie de la pure appartenance.

 


Une histoire ordinaire, par Gaëlle Reynaud

Quelle ne fut ma surprise lorsque je découvris cette merveille de la nature, la première que notre terre eût pu contenir si la cruauté de la chronologie ne l’avait reléguée à la 8ème place. Une stature forestière conférait à sa poitrine la suavité dangereuse des herbes folles à l’aube pluvieuse. Je glissai mes mains lentement sur toute la longueur des boucles sinueuses qui me guidèrent jusqu’à sa stérile matrice, dont l’unique richesse consistait en une miniature de la merveille, toute roide tendue en posture militaire.

Une inspiration lasse trahît ma déception, tant je ne sais me contenter des allégories phallocrates. Sous cette madone d’épicerie, pourtant fort jolie, deux rondes servantes bouillaient de tension, ce qui provoqua chez moi une satisfaction rieuse. Je n’en avais pas fini avec la belle attraction : ma langue fouetta lutinante la tête découverte de la poupée offerte. Sa fente s’huila de joie, s’ouvrant et se contractant alternativement. Mes pupilles devaient clignoter comme des diablesses, ce qui encouragea ma belle captive à tendre et détendre sa croupe enflammée.

Dans une excessive compassion, je ne sus laisser nue la jolie miniature. J’ouvris ma bouche plus encore pour la gober de mes caresses buccales. [J’aime cette alliance de tension assassine et de souplesse craintive qu’évoque une verge enfoncée dans les profondeurs de ma principale cavité capitale.] Ma poitrine peinait à respirer, une réaction réflexe manqua de me faire vomir, ce qui décupla mon ardeur. C’est la flûte ainsi plantée qui dicta la musique, à laquelle je ne sus que répondre en succions gloutonnes. Mes mains s’agrippèrent aux fesses frémissantes, la pulpe de mes extrémités plongea dans la béance, oui j’aime, lorsque les collines s’ouvrent pour libérer une respiration anale, faisant place vide à de pénétrantes caresses – auxquelles je m’empressai d’obéir de suite. [On doit considérer la fragilité de la gent masculine comme une perle rare, si l’huître est bien ouverte. Suivez la métaphore.].

Les échappées de voix m’assurèrent de ma juste intuition. Je repris de plus belle ma composition musicale : une symphonie fantastique, à en juger par la production d’obscènes vibrations. Oups ! Pas trop vite. L’heure n’est pas venue de laisser les écluses lâcher la marchandise. Je stoppai en tension mon aspiration, tout autant que ma pénétration. J’admirai satisfaite la stupéfaction de ma victime. Sa figure trahissait d’innommables souffrances. Oui, j’aime. Quand je dirige en maîtresse et punis en amante. Lentement, comme une lourde marche militaire aux cérémonies de signature de paix, je jouai les lamentations des âmes tourmentées. Je maintins la plainte quelques secondes encore, puis repris en douceur la musique, accélération progressive, jusqu’à l’apogée, allégresse et toute sueur luisantes, des mains, de la langue, de ma bouche engouffrante, envie de vomir, de mordre, d’avaler, enfoncer, toute sa chair est offerte aux festivités garguantuesques, j’aime, je désire, la merveille soupire, s’étire, se tend, poitrine statufiée, l’envolée des trompettes conclut ma symphonie dans une apoggiature à l’italienne.

[La suite est superflue. Une giclée intermittente acheva de provoquer ma nausée. J’ai tout de même évité la catastrophe diplomatique. Une grande inspiration, une caresse toute maternelle et une mine de petite fille soumise et reconnaissante masquèrent ensemble l’insulte que signifiait ma régurgitation. Que voulez-vous ? Les paupières qui papillonnent assurent la meilleure fuite : invisible.] Une histoire ordinaire, en somme.

 


Une amazone, par D.

 

La femme s'est levée dans une aube légère
Si brumeuse et lointaine ; elle a vite enfourché
Une belle monture, et revêtu, fière,
Sa martiale tenue, la poitrine affichée.

En cette matinée humide encore vierge
Amenée par ses sœurs, pareillement vêtues,
Pour satisfaire ici sur nos vieilles berges
Sa jeune libido et les tentations tues,

Cruelle à la guerre, de sa lame assassine,
Elle inspire à l'armée une peur prodigieuse ;
Elle souille avec joie, faisant plaisante mine,
Dans la chair ennemie ses mamelles rieuses.

Elle entre, victorieuse, à la dure vesprée
Dans ma maison vaincue pour que sa récompense,
Dressée pour l'accueillir, à la peau bigarrée,
Puisse, hélas ! pénétrer sa profonde béance.

Je sais, dans ma cervelle, une chose importune :
Car l'extase à venir me sera la dernière ;
Rafraichissante idée ! Mais pour mon infortune
Elle montre en entier sa novice ornière.

Dès lors elle se met, accroupie, sur mes hanches ;
Ses fesses se remuent au rythme des envies
Qu'alors adolescente, au cours de ses nuits blanches
Affolées, embrasées, elle conçut au lit.

Ses médailles, toujours, pointent, fleurs écarlates ;
Sa main, active et moite, est glissée dans ses cuisses,
Antique invocation, chatterie délicate,
Qui la fait vibrer fort jusqu'à ce qu'elle jouisse.

Elle se meut encor, bouge sa chaude croupe
Ayant pour espérance une éjaculation
Car quand elle est venue avec toute sa troupe
Elle avait clairement pour première intention

De pouvoir enfanter. Aussi elle me sert
De ses grâces les trop ravissantes délices ;
Je m'accroche à la vie, telle sur la galère
Résiste à la tempête une voile bien lisse

Mais la femme bourrasque emporte dans sa danse
Cette huile odorante à la saveur salée
Qui porte jusqu'en elle une mienne semence
Ultime volupté sous la nuit étoilée. 

 


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au Directeur de la Rédaction sous la référence « exercice de littérotique ».

 

 

 

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