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Les Ivresses
de Stéphane Vallet

Journaliste, écrivain et graphiste, Stéphane Vallet détourne les images de la presse et du net, pour mieux souligner l'aspect théâtral du monde. Ses personnages oscillent entre inquiétude et fou rire. Ils portent toujours chapeau. Stéphane VALLET rajoute (au feutre noir) un chapeau (de feutre noir) à chaque personnage qu'il dessine ou qu'il épingle, dont Bob l'inquiet, son alter ego, et qui sont autant d'autoportraits déguisés.

"Inclassable et dérangeant", "grandiose bonhomme", "poète des jours et des nuits", "il se nourrit autant de la réalité du monde que des gestations de la création sous toutes ses formes."

Ancien collaborateur à Libération et au Jour, Stéphane Vallet est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment chez Zulma (Tristan et Nicolas), et co-auteur des 400 couples de François Truffaut (Agence culturelle Ville de Paris). Il a également publié plusieurs nouvelles dans la revue Rue Saint-Ambroise.

Il a créé également avec Mathilde Tixier, en février 2003, Ecrivain toi-même, des apéros littéraires d’un genre nouveau, directement liés à des ateliers d’écriture, qui associent écrivains débutants ou confirmés, comédiens, lecteurs, musiciens, sur des thématiques comme Noir C noir (le polar), Mort de lire (l’humour noir)…mais aussi érotiques, comme Chatouille-moi la plume : "Ecris-moi des choses, caresse mes mots, titille mes syllabes, avale mes rimes...", des soirées organisées dans des cafés, des squats artistiques, ou des salles de spectacle comme le Balajo, à Paris.

Stéphane Vallet a exposé récemment ses collages, en octobre 2006, dans le cadre de la douzième édition d’Art Kanal (Paris, 10), dans un « lieu de création en danger », à l’invitation du collectif 45 (FortyFive).

Le Salon des Arts met en lumière plus particulièrement quelques-unes de ses "ivresses pixelisées, collages, détournements d'images, rêveries numériques"... Plume incisive et poétique, enluminant admirablement ses créations originales.

 

 

CAMBRURES

J'ai ton goût sur ma langue, première rencontre, juste se découvrir, cambrures et tremblements, tu fais glisser tes collants, peau de pêche, sous les draps, entre tes cuisses, caresser tes mains, un peu maladroit, tout recommencer, comme un vertige, ton parfum sur mes doigts, au bord des étoiles, ta grande chevelure, j'ai ton goût sur ma langue, quelques murmures, ébauches/débauches, petit chapeau, trop vite, mordiller tes oreilles, sucer ton index, ton dos comme un violoncelle, petit bouton, robe ouverte, tétons mouillés, téter pied, et puis toi partir, marcher sans doute, douce est la nuit.
S.V.

 

LE GOÛT DE TOI

J'ai le goût de toi, juste un baiser, petites langues, et puis partir, porte cochère, ta silhouette, loin déjà, comme une rivière, tes cheveux dansent.
S.V.

 

 

 

TENUES DE SOIREE

La p'tite Lulu ondulait dans la pénombre, comme la flamme d'une bougie, pupilles dilatées, elle secouait ses dreadlocks, rythmes répétitifs, même les chiens la regardaient danser, la p'tite Lulu portait toujours galure, dans l'ivresse de ses rêves tutoyant les étoiles, elle se laissait glisser.
S.V.

PETITE SOURIS GRISE

L'orage se prépare sur les murs de la chambre, attente dans la pénombre, juste une bougie minuscule, des tentures trop lourdes, doigts posés sur le clavier, petite souris grise, vestiaire imaginaire, je veux, tu dis, de la musique qui déchire, fièvre au long cours, dans l'herbe verte, masques de carnaval, fenêtre ouverte, tu te fais belle, un éclair dans le ciel, des volets claquent, tu te fais belle pour que je te déshabille, le ventilateur sous ta jupe plissée, les baisers de la nuit, quelques éclairs comme des flashes instantanés, ton rouge à lèvres, partout sur ma peau, de l'eau glacée, femme fontaine, et des éclairs fusent dans nos regards, dessous noirs, string élastique, jolie plainte, comme un violon, souris grise, tu te fais belle, cambrée et maladroite, flamme d'une bougie, jolie plante, pour que je te déshabille, rêves bleus, mille secousses, un vin âpre, évanouissements, dans le coeur de l'été.
S.V.

L'ETE AU BORD DU VIDE

L'orage ne chasse pas la fournaise, juste quelques gouttes de pluie sur ta peau, et cette musique enivrante de te voir onduler à mes côtés, tu sais, même les chiens te regardent passer, et tous les hommes aboient, ta robe blanche est toute mouillée, tissus froissés, tes talons aiguille crissent sur le trottoir, le soleil perce encore entre les nuages, étrange aquarelle des anges, mélange de cruauté, de douceur, respiration haletante, vibrations animales, l'été au bord du vide, un refrain entêtant sur un manège, les chevaux de bois désarticulés, gang des insectes, bal des inquiets, dernière danse.
S.V.

 

INSTANTS

Après la nuit. Les ombres me transpercent comme des décharges électriques. Et je reviens de loin, au delà de l'azur. Je reviens de tes bras, de tes baisers, de ton cul. Mes pensées en désordre, mes désirs suspendus à tes lèvres. Tu es lancée comme une étoile. Je garde de toi ton goût, poivré, je crois. J'ai aujourd'hui les bras en croix, une écharpe autour du cou. Je n'irai plus voir la mer. Je goûte à tes coquillages. Je crois que tu t'envoles, comme un papillon sur une fleur. J'effleure le bout de ta peau avec des lèvres humides.
S.V.

 

 

RECREATION

L'ombre de tes bas griffés sur les draps blancs, dernières effusions, au saut du lit, soleil et citrons verts, bientôt la fête, des danses sous les étoiles, jeux de mains, juste se laisser griser, comme si la vie, se perdre dans des décibels de fortune, tendre son corps dans une arène, recherche d'une reine, rire toujours médusé de l'ivresse, acrobate ivre sous les sunlights, rythmes désarticulés, petite note acidulée, rire ou mourir, ne pas crever, tempête de sable dans les yeux, se couvrir la voix, écharpe noire, une goutte de vin au bout de la langue, notes un peu troubles, tu sembles ailleurs, je te dévore, regards en partance, trains qui déraillent, tétons tendus sous la soie rouge.
S.V.

 

INFIMES SECOUSSES

Du bleu sous les paupières et du rimmel qui pleure, infimes secousses, vert émeraude comme les yeux, peau de pêche en bas de soie, vertige et vitesse, elle sourit, sa voix comme un violoncelle, dans l'attente courbée de quelques gestes, soupirs électrisés, rosée du soir, glissement au delà des mots, robe entrouverte, chapeau tombé, petits baisers de papier, souffle chaud, à la renverse, à l'envers, mélodie aveugle, tache de vin sur nombril, lèvres rouges, des pommes renversées, une brise au dedans, bang, bang, vitesse et vertige, pétales de rose, bouche ouverte, juste les chaussures, cerise à l'eau de vie, cris distordus, ombres chinoises, voilures transparentes, ongles vernis, sueur, elle danse dans l'embrasure, étoile écartelée, pleine lune, murmures tamisés, coeur trop vite.
S.V.

 

UN MONDE FLOU

Je ne me souviens plus de vous, juste des sensations et des odeurs, des images floues qui palpitent comme un corps ouvert.
S.V.

 

 

 

 

 

SUR LE BOUT DE LA LANGUE

 

Elle a les cheveux rejetés en arrière, et elle me regarde, de ses grands yeux noirs, trop fardés, comme la pause d’une gamine. Elle fait la moue avec sa sucette. Je renifle son odeur comme un chien. J’ai son nom sur le bout de la langue. Elle chante a capela dans la cuisine. J’adore la prendre sur la table. On s’enduit de compote aux pommes. On chavire sur la toile cirée. Le vin est doux entre ses cuisses.
S.V.

 

 

SOUS LES ETOILES

Un vent léger s'absente sous ta jupe. Je reste suspendu à tes yeux étincelles. Des mouvements courbes, saccadés comme une caresse. C'est la brise de l'été. Des nuits sous les étoiles.
S.V.

 

 

Ivresses sans paroles...


CHAPEAU FLOU

LOVELY

BONDAGE

EN ROUGE ET NOIR

POSE


Journal d'un inquiet,
le carnet de bord de Stéphane Vallet

 

 

 

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