La revue Le laboratoire Les salons L'oeuvre Les plumes

 

 

Jardin d'Eve
un poème de Valombreuse

 

J’aimais la voir jouir.

Elle happait l’air, comme une truite
Jetée sur la berge blanche du lit.
Son corps rutilant d’écailles moites
Se tordait, roulait sous des vagues trop fortes
A presque se briser.
Son dos, était l’arche unique d’un pont
Menant tout droit vers un lieu extatique
Qui m'était interdit.

Son souffle raccourci, haché menu
Allait se suspendre en guirlande à des cieux
Que je devinais merveilleux.
Elle n’avait de cris qu’intérieurs
C’étaient ses frissons, sa chair saccadée
Ses gémissements,
Ceux qu’elle laissait échapper, et ceux qu’elle retenait
Qui racontaient son voyage vers ailleurs
Son point de dilution.

Alors je la regardais, l’accompagnais de mon mieux
En introduisant ma clé, je lui ouvrais un monde
Dont je ne passerai pas le seuil, mais entreverrai
Un instant, le jardin.

 

 

 

 

Contactez le Directeur de la RédactionContactez la WebmistressPlan du site

 

© La Vénus Littéraire (2005-2008)
ISSN 1960- 6834 - délivré par ISSN France - BNF