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Rappel méthodologique :

Cet exercice littéraire consiste à faire caresser une même idée (érotique bien sûr) à plusieurs plumes, par un trio d’auteurs se connaissant ou pas, jusqu’à ce qu’elle rende grâce et jouisse, féconde.

Jules et Jim

_ Exercice de style n°I _
Caresses à trois plumes

Vous connaissez certainement déjà ce film mythique de Truffaut, dans lequel Jeanne Moreau incarne une femme libre et aimante qui partage son amour entre deux amants, Jules et Jim.

A vous, à nous, à partir de cette situation, d’inventer quelques pages torrides ou poignantes. Afin de corseter plus étroitement cet exercice, il sera convenu que chaque épisode portera, strictement, sur la fenêtre de vie des protagonistes comprise entre minuit et deux heures du matin.

C’est le postulat de départ que nous vous proposons… mais si vous convenez ensemble (les trois auteurs) de faire autrement, nous ne sommes là que pour vous inspirer.


Contributions :

 

Voici une première contribution de Lucile Longre, lancée dans le vide de cette page, comme un appel à vos échos afin que s’enclenche la mécanique des résonances d’écriture. Ecrivez à sa suite : la suite de ses mots, l’instant qui précédait ou un autre chapitre, ou encore les mêmes instants vus et ressentis par un autre narrateur, un autre protagoniste. Eclairez la scène sous un jour concordant ou une toute autre lumière, si vous voulez donner un autre sens aux mêmes moments. Ecrivez et que les plumes s’enchaînent… vous enchaînent, et fusionnent en une réalité nouvelle.

Elle était sous la nuit pâle, sur la terrasse, sa robe blanche laissant voir son beau corps clair à travers le tissu translucide. Elle leur sembla comme une apparition et sa beauté les fit trembler tellement que leur membre viril se souleva tout net. Ils n'eurent plus qu'un désir, la prendre dans leurs bras et la mettre dans leur couche et la couvrir de leurs baisers et de leurs caresses. Ils s'approchèrent, elle se retourna et leur sourit en les regardant dans les yeux.

Ses yeux étaient si clairs, si transparents, qu'ils eurent peur qu'elle ne s'enfuie ou ne s'évapore comme une créature issue de quelque songe. Cependant, elle resta là, à les regarder de ce même regard tranquille et même amusé, comme si elle les défiait un peu du regard de l'enlever. Impressionnés, ils continuèrent à avancer jusqu'à la toucher, et là elle eut comme un mouvement de recul, non pas de peur, mais comme si c'était plutôt de surprise, comme si avant eux jamais un être humain ne l'avait jamais réellement touchée et surtout pas embrassée.

Doucement, pour ne pas l'effaroucher, ils murmurèrent son nom d'une voix grave, tranquille et apaisante, et déposèrent un baiser sur son front de neige. Ce baiser la brûla comme du feu, ce n'était  pas vraiment désagréable, c'était plutôt inhabituel, c'était une sensation qu'elle n'avait jamais connue, et finalement elle décida d'accepter la présence des deux hommes. Elle ne pouvait les chasser et était en fait plutôt piquée par la curiosité: qui étaient-ils et pourquoi s'intéressaient-ils à elle ?

Pour eux, la question était tranchée, ils voulaient la posséder, non pas pour la profaner, mais plutôt comme on s'initierait au culte sacré d'une déesse. Car c'est comme cela qu'elle leur apparaissait, une nymphe, une dryade, une sirène innocente au regard de cristal et au corps enchanteur. Devant tant de beauté et de pureté, parfois, les bras leur en tombait, elle leur semblait comme venue d'un autre monde, celui des légendes et des mondes féeriques.

Pour elle, elle avait beaucoup de mal à s' y retrouver, elles ne comprenait pas qui étaient ces hommes et ce qu'ils voulaient, elle ne comprenait pas leur langage qui lui semblait rude et grossier et pourtant elle était attirée par eux, par leur beau corps, calme, stable et fier, comme si une mystérieuse parenté les rattachait. Elle se sentait cependant si loin d'eux parfois, perdue dans la brume de ses songes, tandis qu'à d'autres moments, il lui semblait qu'elle pourrait presque les toucher et répondre à leurs baisers. Elle était sans cesse à la frontière entre deux mondes, dont ils n'avaient pas la clé et semblait sans cesse leur échapper, pour revenir à l'instant d'après troublante et affamée de désir pour eux, de contact avec eux.

Elle était la joie et la souffrance de leur nuit, quand à chaque fois elle apparaissait sur leur terrasse, chaque soir entre minuit et deux heures du matin.

 


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au Directeur de la Rédaction sous la référence « exercice de littérotique ».

 

 

 

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