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Lassitude
un poème de Louise Gabriel


Bien évidement tu dois être épuisé, éreinté, lessivé
De l’unique prédation
De leur désirs à sens unique
Ils marchent sur ta peau, cheminement de leurs folies
Ils prennent, ils possèdent, ils se perdent
Ils te donnent leur malheur
Ils t’offrent leurs pleurs,
Leurs larmes de terreur,
Ils te consolent, ils te cajolent, ils te vautrent
Sans consentement, dans l’immense de leur tristesse
Ces coups de fouets permanents
Lacèrent ton âme, au son de leur insatisfaction
Donner, donner, et encore donner
Pour exister par delà leur délires
Se perdre soi même, s’oublier
Pour naître
Refaire, recommencer le chemin à chaque fois
Trouver son être, charcuter à main nue,
Tu la connais si bien la route des mains
Mille et mille fois refaite sur la plaine morne
De leur désirs hors norme,
Il m’arrive de penser
Comment puis-je exiger la même chose finalement
Chasser mes horreurs d’une façon ou d’une autre
Te voir tant comme un ami,
Qu’il ne me reste que l’unique rêve de te sentir
Serein, libre et libéré
Comme la lumière d’un matin de printemps
Il faut cesser, écouter le murmure
A peine audible
Ce chant mystérieux, ces signes cabalistiques,
Ce cri en détresse codé,
Me taire, pour être capable de t’entendre.

 

 

 

 

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ISSN 1960- 6834 - délivré par ISSN France - BNF