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Le dépôt
une prose de Louise Gabriel

 

Quel endroit de luxure absolu, un lieu où tout devient animal, pulsionnel, obligé, il me fait rêver avant que tu n’ais relaté ta nuit, j’aimerai tant t’y voir, te caresser parmi la forêt d’autres mains, t’observer à loisir.

Un paradis aux allure d’enfer, la dépravation jusqu'à l’ultime est finalement très belle pour moi, parce que l’on s’y donne, s’y adonne, s’y perd sans pensée avec toutes les raisons du monde

Il faut bien, à un moment donné, aller au bout de soi, ne devenir qu’un cul dans toute sa majesté, dans toute sa splendeur, dans toutes ses exigences et le satisfaire encore et encore, le malmener, le violenter par vice avec délice.

Être dans l’absolue impudeur, s’offrir à voir, à pénétrer, s’écarteler
Devenir eaux brûlantes, braises consumantes
Ne plus respirer, sentir uniquement les odeurs de la baise
Parce qu’il s’agit de baise et rien d’autre
Parce qu’elle se suffit à elle même
Lorsque qu’elle devient extrême
Avoir chevillée au fond de soi, cette envie lancinante
La laisser grandir et grandir encore
Devenir obsédante, délirante
Poser son regard sur l’autre, sur les autres
Les voir se posséder, se faire posséder
Vouloir à n’en plus finir les mêmes saveurs
Se tendre, s’incliner devant toutes ces bites
Petites ou grandes, appétissantes ou non
Dans la situation présente elles le sont toutes
D’une certaine façon
Les palpitations de ton cœur deviennent aussi rapides
Martelantes que la musique
Elle accentue, elle amplifie la montée du désir
Elle finit par le rendre impératif, impérial, tortionnaire
Il suffit de rejoindre le sombre, le plus ténébreux
Et toutes les friandises pénétrantes sortent de leur cachette
Les moiteurs, les odeurs du cul, du sperme, de la sueur
Sont presque écœurantes
Mais elles savent aussi donner l’ivresse
Passer d’une queue à l’autre, sans discours
D’une bouche à l’autre toute aussi silencieuse
Mais terriblement baveuse à souhait
Bander à n’en plus finir le regard posé sur une bite
Magnifique glissant sans préambule aucun dans de petites fesses musclées
Malmenées par tant d’ardeur
Prendre sa place, dès qu’elle sera satisfaite, profiter de l’aisance
De ce petit cul, assoupli par les cavalcades passées, t’y glisser jusqu'à la garde
Pour ne pas laisser vacant ce bel endroit trop longtemps
Garder un soupçon de lucidité, ne pas jouir tout de suite
Pour poursuivre la promenade dans d’autres, plus étroits, plus vastes parfois
Avoir la sensation de pouvoir se glisser tout entier au creux d’un cul magnifique
Charnu et ondulant
Aller vers l’extrême, aller jusqu’à la douleur, la brûlure de trop de pénétration
Se faire baiser à en avoir mal et en retirer un immense plaisir
La chair dans ses endroits là a la texture, l'allure d’une orchidée, les corolles béantes
Ouvertes si grandes ouvertes dans la totale impudeur
De l’impudique extrême naissent ses parfums étranges, cette odeur de paradis dans des pétales d’enfer
Enfer calcinant, consumant jamais dégradant
C’est le regard qui abîme, qui juge, qui dégrade
Laisser partir en fumée la part de raison de son esprit
Ne garder que celle de ses folies
Être l’humble serviteur de ses délires de chair
Être totalement servile à soi, jusqu’au bout de soi
Connaître la brûlure violente de trop de pénétrations
Que les caresses deviennent insupportables
La peau ravagée, suppliante
Vouloir crier grâce mais continuer tout de même
Quand le corps ne veut plus, la tête peut vouloir encore
Se plier, rompre à cette exigence
Parce que la glissade suivante en terres inondées sera magique, féerique
Tant la peau est perméable, malléable, réceptive à la moindre sensation
A un moment donné, le seul fait de poser le bout d’un doigt à l’entrée de ton cul
Un seul coup de langue te fera hurler, tressaillir tout entier
Laisser son cul devenir champs de bataille
De fleur tout juste éclose, à l’arrivée
Qu’elle s’ouvre doucement d’abord aux rayons de chaleur de queues avides
Que petit à petit elle s’ouvre, se montre, s’exhibe à la turgescence pressante
Qu’elle finisse par perdre un à un tous les pétales
De sa splendeur, être vierge et nu de tous ses artifices
Être l’essentiel
Être dans le sombre désir d’appartenir à l’anonyme
Être la proie consentante de ses propres folies sensuelles.

 


Illustration : Louise Gabriel
(cliquez sur l'image pour la visionner en grande taille)

 

 

 

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