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Le poète et la Maitresse
de Julien Hommage

 

Déjà, tu me méprises avec tendresse
et ta gifle résonne comme un baiser.

Le jour viendra, si je sais attendre,
où tu me supplieras, à coups de pieds,
d’à genoux m’exposer à tes privautés
de reine de pique et de couteau,
à tes épingles pour mes seins
et ta cravache pour mes reins.

Du stylet de tes talons
tu rayeras ma peau et mon cœur
de petits mots d’amour exquis :
‘petite salope, esclave soumis’,
et je hurlerai de joie
d’être reconnu par toi.

Mon épiderme de martyr
dévastée jusqu’à l’extase
rayonnera d’une douleur
insupportable et désirée,
voulue, bue, léchée comme tes pieds
jusqu’à ce que la langue me brûle.

Ma Reine, ma folie,
dans l’ombre de ta splendeur
je me recroqueville de peur
instinctive, à l’approche du coup
dont tu me gratifies,
comme d’un cadeau.

Merci, merci, encore, n’arrête pas,
ne crois pas que ces réflexes
qui présentent mes bras
pour protéger ma face,
ou serrent mes genoux
un instant avant le coup,
ne soient vrais.

Continue, encore, force moi,
triple ou décuple la punition
à chaque réticence de ma foi,
pousse plus loin notre passion,
exige, insulte, ravage,
comme un chant d’amour,
jusqu’au don que, en nage,
tu tireras de mon corps gourd.

Ne t’arrête pas, ne te contente pas,
D’un à peu prés qui te laisserait
Contente mais pas comblée.
Pille moi jusqu’à plus soif,
Dévaste avec allégresse,
Je suis à terre et ton pied,
Sur ma bouche se lève et s’abat,
Et ta main se dresse et me bat.

Le goût du sang, à mes lèvres,
me monte à la tête. Je suis ivre de toi.

 

 

 

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ISSN 1960- 6834 - délivré par ISSN France - BNF