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Liqueur du Graal
une prose de Marion Lubreac

 

Viens à moi, mon amour, viens déguster ici ce que le ressac de mes frissons veut t'offrir. Viens chercher ce que mon être réclame de tes îlots de caresses, des coups exténuants de ta langue sur ma masculinité... Ouvre moi la bouche de tes doigts laiteux, nourris moi de ta féminine exhalaison aux replis salés, aux jus noyés de cris et de soupirs broyés. Je te réclame, amour, viens laver mon duvet de tes friandises haletantes, de tes ombres hors d'haleine sur les murs de ma démesure.

Par tout ce qui perle de ton triangle cannibale germe des fleurs entre ma peau et la tienne. J'aspire à me gaver de ce pollen que ton corps libère quand il pense à mes mains, à ma bouche entrouverte comme un gouffre que tu désires tant. J’aimerai goûter à la température de ton ventre, fouiller ton sexe de ma virilité triomphale. Tout devient dur devant le paysage humide de tes cuisses ruisselantes et pâmées... Viens me boire comme la feuille d’automne se laisse gorger par sa sève palpitante…

Au fond de ta cavité boisée de jouissance et de salin geyser, toute caresse se transforme en brasier inassouvi quand fluide et flamme s’affrontent et s’attisent… J’ai fouillé de ma langue les dessous de ta robe de bal pourprés de sang, de salive incendiaire. Je veux me noyer dans ton vagin, rouler la rosée de ta vulve au point qu’elle me supplie de l’habiter. Je veux me jeter sur toi comme si j’étais cette saison impudique que tu entretiens dans tes rêveries avec les lambeaux et les liquides de mon souvenir. Une écologie sans limite, des oiseaux de peaux qui baptisent notre ciel avec des ruisseaux d’orgasmes dans les flancs. Mon corps t'empale et t’immobilise.

Je plonge en toi et te voilà louve au regard hypnotique. Tes crocs enrobent ce gland niché à mon arbre. Je veux puiser à ta source ce breuvage pimenté, je veux boire entre tes fesses ce vin sacralisé de ton désir inassouvi. Ton sexe s'embrase et tu te frottes, brûlante contre mon corps ivre de désir. J'écarte ta culotte de voile et enfonce ma verge si profondément qu'elle fait jaillir des soleils du plus profond de toi.

Maître de tes fantasmes je guide mon navire dans ta fente comme ce premier explorateur, celui qui tombera sur ton cœur…

 

 

 

 

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