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Musées de l'Erotisme
PARIS-AMSTERDAM

par Julien Hommage

Nous aurions pu mettre érotisme aussi au pluriel, car c’est bien deux lunetiers aux lorgnettes divergentes qui ont construit ces deux maisons, pourtant pas si éloignées l’une de l’autre quand à leur hébergement (des maisons de ville reconverties) ou leur localisation (Pigalle ou le « red light district » d’Amsterdam). Et pourtant, à l’arrivée, quel écart entre le sentiment qui nous promène dans l’un avec plaisir et celui que nous avons traîné à nos basques au débarqué des canaux de « Dam ». C’est une ville que nous aimons pourtant, avec sa nique aux bien-pensances empesées des autres mondes, avec son principe têtu de liberté qui y autorise la prostitution légale et les drogues douces, et du coup la fait échapper pour l’essentiel aux réseaux mafieux. Cette posture à contre courant, nous y croyons pour l’essentiel même si, à avoir raison seul contre tous, ont fini parfois par avoir tort. Cette fois pourtant, gloire à Paris.

Le Musée de l’Érotisme de Paris nous avait laissé séduit, heureux de n’être pas tombé dans un bouge mais dans un lieu où la qualité de la collection, sa profondeur ethnologique, ses expositions temporaires d’artistes contemporains, en faisaient un lieu de culture, mêlant le bizarre à l’art, l’ustensile et le rituel, dans un ensemble cohérent. Celui d’Amsterdam, malheureusement, n’était le temple de rien si ce n’est des marchands, copie à peine différenciée des sex-shops qui l’entouraient, par lequel d’ailleurs il s’achevait. Usine à touriste, machine à traire les portefeuilles très peu différente des vitrines voisines, qui au moins traient elles les deux sortes de bourses à la fois, moins hypocritement sans doute que celle-ci, qui ne vendait guère qu’un simulacre de sexe mâtiné dans la coquille d’un simulacre de Musée.

Étrangement, douloureusement presque, ce faux musée nous apprend que l’hypocrisie à Amsterdam a survécu à la levée des autodafés, d’autant mieux dans cette ville libre et putain – et belle aussi – comme les putains aussi peuvent l’être quand elles ne se méprisent pas. Que les Néerlandais me pardonnent, ce n’était pas une insulte, presque un compliment, que je leur adresse. D’ailleurs, comme dans tous les temples du monde, la présence des marchands ne renseigne pas sur la pureté des autres habitants, elle n’est que l’éternelle répétition d’un cercle pitoyable et vicieux, le dévoiement de la beauté au service du médiocre. Là les médiocrités du monde viennent malheureusement s’entasser.

Allez donc, avec moins de crainte, au Musée de l’Érotisme, à Paris. Là au moins, vous ne ressortirez pas avec l’impression d’avoir été floué et si vous y alliez sans vous cacher derrière votre chapeau, pour goûter au plus beau de l’imaginaire érotique, enrichir votre culture et rire ou sourire de joie à l’amante qui vous accompagne, par plaisir candide et pas pour cacher votre gène derrière une grossièreté, vous ne serez peut-être pas déçu.

 

Le Musée de l’Érotisme
72, boulevard de Clichy
75018 - PARIS (France)
Horaires : 10.00 - 2.00.
http://www.musee-erotisme.com/
Erotish Museum
Oudezijds Achterburgwal 54
1012DP - AMSTERDAM (Pays-Bas)
Tel : 31-0-206247303
Horaires : 11.00 - 1.00.
Et aussi, à travers l'Europe :
COPENHAGUE
MUSEUM EROTICA
Købmagergade 24
DK-1150 København K - COPENHAGUE (Danemark)
Tel : (+45) 3312 0311
Horaires : 10.00 - 23.00 (mai-septembre)
11.00 - 20.00 (octobre-avril)
HAMBOURG
EROTIC ART MUSEUM
22767 Hamburg Nobistor 10 A
(Allemagne)
Tel : (0)40 / 31784126
Horaires : 10:00 - 23:55
BARCELONE
MUSEO DE ARTE EROTICO
Museo de L'Erótica. Rambla, 96 - 08002
Barcelona (Espagne)
Tel: (+34) 93 - 318 98 65
Horaires : 10.00 - 24.00.
BERLIN
BEATE UHSE EROTIK MUSEUM
Joachimstaler Strasse, 4
(Charlottenburg)
10623 - BERLIN (Allemagne)
Tel : 0308860666
Horaires : 9.00 - 00.00

 

 

 

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