La revue Le laboratoire Les salons L'oeuvre Les plumes

 

 

Omphalos
un poème de Jay Black
(traduction de Sandra Chiancone)

 

Elle détient la clé.
Elle dévoile des mystères,
sagesse sublime et secrète
du ciel nocturne étoilé,
la clé,
elle déverrouille la porte,
elle pend à la ceinture
qui flanque sa taille nue.
Elle joue avec, songeuse.
Est-ce trop tôt?
Tant de pièges semés
et il est si faible.
Mais elle s’apprête
et elle attend.

La fine tige de chevreau,
la piqûre vive de la peau fustigée,
les flagellations, balafres, fouet,
marques de lacération
mélangent sang et sperme,
Ô prince de la jeunesse
s’agenouille à ses pieds,
salace pendant les vêpres.
Et, le moment venu,
clair de lune étincelant
sur le haut autel
où il sera mené,
les yeux bandés,
les poignets liés,
escorté par des chiens,
enduit d’huiles parfumées,
et peint de noir, d’ocre et de rouge.

Elle danse avec la mort,
gémissant,
psalmodiant,
tambour,
torche,
ombre,
masque,
le lie à la dalle lisse,
sur le dos,
le lèche,
le caresse,
son corps tout à elle,
et, quand le phallus commence
à pulser pesamment dans sa main,
la prêtresse de l’amour pavoise
en un cri primitif,
une ardeur extatique et frénétique,
lève la lame d'obsidienne
et la plonge
sang
désir
poignard
dans
le coeur
encore
et
encore
et
encore
et
encore
et
encore.

 

 

 

 

Contactez le Directeur de la RédactionContactez la WebmistressPlan du site

 

© La Vénus Littéraire (2005-2008)
ISSN 1960- 6834 - délivré par ISSN France - BNF