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Peau d'ange
une nouvelle de Cerise Bigareau

 

 

"Tu veux voir quel effet cela produit de te prendre en photo?"

La voix, doucement grave, couvre le chant de l'eau.
Polyphonie polymorphe.
J'entrouvre une paupière, oeil de serpent de mer. Sirène, dirais-tu. J'aperçois au premier plan tes bras qui gesticulent. Brandissant ton appareil numérique dernier cri de la main droite, tu as posé l'autre main entre tes cuisses. Juste sur le pli que forment les boutons noirs de ta braguette. Tu portes, comme à ton habitude, un pantalon de velours grosses côtes. Noir. Et une chemise blanche, col officier, taillée dans un coton cultivé là-bas non loin des rives du Gange.
Moi, j'ai froid, je me fiche de savoir que tu bandes grâce à ta chambre noire et à ce que tu vas stocker sous forme de millions de pixels.
Moi, je m'appelle L.
Juste une lettre. Un point c'est tout.
Désormais, tes pixels et ton sexe tendu tu peux te les mettre là où je pense.
Je songe à ce gouffre au-dessus duquel tu m’as installée.
Écume jaillissante, tombée du ciel sur une eau devenue vert sombre à trop se cacher dans des flasques de pierre. Vertes émeraude et noires sont les vasques. Profondes.
Ici, on les appelle les gourds.
Tu te goures si tu penses que les scènes d'eaux vont se transformer en histoires du même nom.
Cela aurait pu être et devenir. Grandir et s'amplifier. Pour simplifier, une passion nous guettait. Tu l'as sur exposée et crucifiée en même temps.
Tu ne sais pas que je le sais...

Voilà plus d'une heure que je pose pour toi, au-dessus du gouffre, sur ce rocher vert moussu.
Vermoulue de fatigue et transie de froid.
Le CHOLET fringant ruisseau qui lèche les falaises, se fiche de notre volontaire mise à l'écart et de mes jambes largement ouvertes. Corps nu drapé d'un...drap blanc et mouillé. Lourd, froid . Linceul ? Pour qui ?

Tu me photographies sous toutes les coutures, sauf que cette étoffe en est exempte si l'on excepte la lisière d'un ourlet soigneusement brodé. Tu bandes semble-t-il. Pour la première fois depuis notre rapprochement. Enfin, la première fois avec moi car je suppose qu'en d'autres temps tu as honoré de ta semence et tes ahanements d'autres connes que moi.
Le drap trempé, tordu essoré pèse sur ma peau mate et je ne parviens pas à entendre l'humidité du désir entre mes cuisses. Yeux ouverts complètement maintenant, je vois ta bandaison sous les frondaisons. Tu es heureux de cette levée de corps, puisque selon tes dires, tu ne bandes plus depuis longtemps. La faute à la vieillesse scélérate. Cette version te convient. Je grelotte une amabilité entre mes lèvres bleuies. Mais dans mon cerveau engourdi je fredonne Si tu t'imagines pépère pervers...la la la saison des zamours....
- "Tu devrais te méfier, à t'agiter ainsi sur cette pierre tu finiras comme le chat, échaudé par le CHOLET! "
Ton visage s'illumine d'un sourire juste au moment où le soleil franchit les premiers rangs d'une armée de feuilles que les arbres du bord de la rivière hérissent en palissade. Synchronisation quasi parfaite "soleil sourire".
Tu penses déjà sûrement à ta pêche à l'écrevisse. Epuisée comme je suis, tu subodores que ton épuisette va me cueillir, s'emplir et que, dès le crépuscule tu déploieras mon corps et ses plaisirs, croquant entre mes cuisses.
Écrevisses"nymphes corps de feu" aux pattes blanches. Depuis peu elles sont de retour dans nos cours d'eau ces belles indigènes que les hommes rabouilleurs étalaient sur les tables des fermes, au retour de pêches miraculeuses. Juste avant de s'offrir de généreuses ventrées copieusement arrosées de Clairette. Ce petit vin de bulles et d'arc-en-ciel.
Tu voudrais me vautrer sur la table de verre de ta galerie. Humer le fumet de ma peau déroulée jusqu'à dégorger mon plaisir dans un râle à faire rougir le plus audacieux merle noir des bords de BOURNE ou du CHOLET.
Me vautrer pour te vanter.
Là, le bât blesse. J'ignore si tu es monté comme un âne et je ne veux plus le savoir. Plus jamais. Ou juste alors l'entrevoir, entre mes yeux de reptile et mon imagination fantasmagorique. Une toute dernière fois...
Mes bas écrivent le début.
Soigneusement choisis, brodés d'entrelacements et en soie. Sauvage, comme moi. Au commencement de nos langues qui se déliaient sans s'accrocher, ni se mêler tu dérobas le haut de mes bas sans les dérouler, les figeant sur papier soi-disant glacé mais plutôt sulfurisé. Genre sulfureux irisé. Tu capturas ces bouts de bas avec ta boîte à images et balivernes. Et l'aide de BACH.
Tu m'installas devant ton ordinateur pour me faire découvrir ton travail photographique non argentique. Les bouts de ta vie, dénués de ce sang qui fait pulser, collés sur écran plasma.
Notre histoire a commencé avec tes collages, mes bas, tes photos et mon désir, au tréfonds de ta galerie où tu exposes nombre d'artistes.
Sur l'écran défilaient tes prises de guerre: eaux de partout, bouteilles pleines de vide, feuilles mortes en flottaison, clichés de chambres d'hôtels pris au petit matin, l'oreiller gardant une trace de ta tête. Tu affectionnes l'image de tes chambres d'une nuit. Sur ces photos, je vis que tu dormais seul. Alors que défilait ta vie en parcelles tu t’éclipsas et revins quelques minutes plus tard.
"Champagne et Bach pour madame".
Tu t'étais grimé en groom de service et en avais profité pour effleurer mon épaule qu'un décolleté savamment étudié laissait nue et à portée. Bach et violoncelles.
Tes doigts revinrent en force et en douce sur ce dos que j'ai large et musclé par des années de natation. Toi tu ne sais pas nager. Ou alors en eaux troubles. Ta bouche se posa alors sur mes lèvres tout juste trempées dans le champagne et tu évitas soigneusement d'aller au-delà de cette limite qu'imposaient mes écoutilles closes!
Ailleurs, d'autres lèves s'entrouvrirent attisées par la braise de tes mains constellées d'étoiles brunes. Tu t'éloignas à nouveau un instant et réapparus ton appareil en main. Un autre que toi aurait agité sous mon nez son sexe tel un biscuit en attente de bouche à pourfendre dans le seul but de fondre.
J'aimais bien, enfant, tremper les boudoirs saupoudrés de sucre cristallisé, dans le méchant mousseux auquel j'avais droit les dimanches de fête. Je mouillais le biscuit juste assez pour ne pas le briser puis je le mettais en bouche pour le sucer dans une lenteur calculée.
Si tu avais montré ton sexe à la place de l'objectif je t'aurais cristallisé.
Fait de toi un chevalier noir et t'aurais adoubé. Puis ton olifant d'ivoire se serait délité sur mon corps tout en chuchotis et clapotis. A quatre pattes je me serai laissée débourrer, moi la jument sans étalon. Débourrer jusqu’à rendre nos âmes à qui elle n'appartiennent plus.
Dans une éclaboussure d'éternité.
Après, longtemps après nous aurions unis nos respirations apaisées et nos corps adoucis autour d'une coupe de champagne.
Rosé.
Au lieu de cela tu as désiré immortaliser mes bas. Mes lèvres secrètes se sont closes, j'ai mis le couvercle sur ma boîte à boudoirs et t'ai laissé me prendre la seule vertu qui me restait: cette pudeur virtuelle jamais offerte à un autre.
Je t’ai accordée cette grâce de figer ma carcasse.
Dès lors tu défouraillas et mitraillas le moindre recoin des replis de ce corps qui t'intéressait nu et couché sur le lit des poses avant de l'être sur le papier.
Dans les interstices de tous ces clichés dérobés à mon corps consentant au fil de nos rencontres dans ton atelier, j'ai eu le désir de toi sur moi. Rêvant de ta langue fouaillant mon bouton de rose et fourchant dans la gangue de ma fange.
Or tu prenais mon corps sans jamais sembler vouloir le posséder.
Un jour de grande impatience -il y avait bien eu douze lunes depuis l'écran et les bas- j'eus cette initiative de frotter ton entrejambe. J'avais des idées de galop dans la tête! Ton recul m'étonna : digne d'un vieux fusil qui percute l'épaule du tireur pour déstabiliser
"il ne faut pas m'en vouloir mon ange, notre rencontre est un heureux évènement mais je ne peux, pour l'heure, aller plus avant. La vieillesse ma mie me rattrape!"
Tu avais déjà emprisonné au moins mille et une photos de moi nue. Etalée, contorsionnée, abandonnée, révoltée, mutine, têtue. Nue toujours.
Mais te déclamais impuissant à satisfaire mon envie de toi.
Une semaine plus tard, sans aucun prétexte, j'obtins un permis de visite pour ta prison intérieure. Le « toi » que tu caches dans ces pudeurs de cellule de moine,  toi dont beaucoup ont peur puisque tu cries avant de critiquer.
Ce jour-là, le temps eut des allures de colère et la lumière de l'atelier, tranchant le chanfrein, ne te donnas aucune satisfaction. Toutes les prises ratèrent. Aussi acceptas-tu de t'allonger contre moi sur la couche de tes clichés dénudés. Ce futon douillet tendait sa couette. Ta queue n'était pas tendue, du moins le devinais-je. Mais tu frottas ton grand corps contre ma peau à vif. Et sans sommation, tu te décidas à faire sourdre le plaisir qui geignait dans mon ventre.
Tu m'embrassas à pleine bouche, ma langue fondit comme le métal sous l'effet d'une chaleur intensément rouge. Ce baiser-fusion dura tant que je ne vis pas ta chemise quitter ton corps. Le mien était déjà en lévitation, offert aux nuages, perlant de sueur.
L'extrême douceur de ta peau me tira de la torpeur rosée dans laquelle ton baiser m'entraînait tout entière.
Tu étais parfaitement imberbe : épilé au millimètre près, ton buste m'évoquait les statues des jardins publics. Peau laiteuse et sans rugosités. Voilà qui tranchait avec tes aspérités caractérielles! Et ce baiser long long qui ouvrait le barrage de mon ventre, laissant la source jaillir de mon sexe. Tu décidas de te désaltérer, dans le courant de ces flux océaniques et salés. Tu étais le loup et moi l'agneau. Je l'ignorais à cet instant.
Ta bouche, dans une lenteur calquée sur la course du soleil, descendit et suçota, l’une après l’autre, chaque aréole de mes seins. Ta langue semblait peindre de larges traits. Je l'avoue j'ai songé à TAPIES, ses lettres. Ecrivais-tu à ta manière l'initiale du mot Passion?
Je ne parvenais pas à atteindre le bas de ton corps. Tu t'étais, en effet, placé de manière à me rendre inaccessible tout ce qui se trouvait au-dessous de la ceinture de ton pantalon de velours.
Je voulais jouer avec ton sexe. Impossible. Implacable, tu plaquas mes bras et sur un ton ferme tu me dis "c'est moi le maître, tu es le modèle et l'élève. Tu verras, laisse-toi ouvrir tu te découvriras."devant ma mine renfrognée-je déteste les jeux de « dominant, dominé »-et la dérobade de ma peau tu ajoutas"allons mon ange autorise-moi le privilège de l'âge. Accorde-moi de te faire jouir s'il te plaît..."

J'ouvris mes cuisses et tu terminas ta phrase en borborygmes dans l'intimité de mon sexe.
Récitas-tu l'Iliade et Ulysse? Le chant des sirènes tinta en moi et je soufflai le vent de ma boîte à secrets, agrippée à tes cheveux.
Rien ne fut plus long et plus bon que ce long discours puisé à l'encre de ma chatte, "bouton de rose" violet d'avoir été léché, grappillé cueilli. Tournas-tu sept fois ta langue dans mon gourd? Il ne me souvient plus sauf à faire remonter dans ma mémoire ensablée la marée de plaisir que tu provoquas....
Longtemps, longtemps, après ces orgasmes que tu parvins à extraire de mes réticences, tu repoussas, une fois encore, ma main de ton ventre.
Nous étions allongés et j'avais posé ma tête tout contre ta poitrine. l'atelier était, désormais endormi déserté par la lumière du jour. Pourtant, l'écran de ton ordinateur, grand organisateur et retoucheur de photos, clignotait.
Je me souviens, le feu était au vert. Comme une orange je m'étais laissée éplucher. Devant ma tentative pour prendre ton sexe en main, ou en bouche tu murmuras à mon oreille, très doucement comme si tu craignais d'être écouté." je ne bande pas encore, patience mon ange cela viendra, et ce jour-là tu feras ce que tu veux de moi".
Tu retournas mon corps, me fis mettre à quatre pattes et caressas mes fesses. "Laisse-toi faire mon ange, ouvre ton Sésame..."
Tendant ta main vers une étagère sur laquelle tu poses tes "trésors", c'est-à-dire tout ce que tu ramasses lors de tes promenades au fil de l’onde, tu saisis une branche de bois flotté que tu pris la peine d'enduire d'une huile rapportée de l'une de tes escapades au désert.
Tu me voyageas jusqu'au fond des grottes tel un chaman. Tes incantations écartant mes fesses plus que le bois godemiché que tu glissais peu à peu en moi. Je gémissais, et mon corps avalant ton sceptre rejetait en gouttelettes le plaisir et la douleur mêlés.
Je crus t'entendre dire "voyez comme elle jouit bien l'agnelle" mais la porte secrète déjà franchie par ton phallus de substitution ferma mes oreilles et je poussais un cri quand ta main libre agrippa mon bouton de rose.
Telle une serre tu crochetas mes lèvres de tous tes doigts et tu les fis entrer un à un dans ma chatte. Un à un jusqu'au dernier, jusqu'au poignet. Ta main fut avalée par mon ventre et le bois, autrefois flotté, cogna contre les parois lisses de mon cul.
Tes doigts et le bois se parlèrent en morse. J'imposais toutefois le rythme des phrases « …_… » et mordis avec violence ton bras.
Fournier jouait le second morceau des suites pour violoncelle tandis que tu me fourrais. La nuit se leva puis tomba.
Je me rhabillais, rentrais chez moi la tête pleine d'étoiles et de flashes.
Le cul rassasié, comblé. Le cœur rassuré, léger.

Tout aurait pu se construire en harmonie dès alors. Les jours qui suivirent furent passionnés, tu caressas encore et encore mes seins, dénouant les lacets de ces corsages fripons. Tu acceptas de te promener, ta main dans la mienne, tentas de me faire poser nue au bord de la rivière, mais je ne voulus point céder. Pourtant tu prétendis que ce travail là comptait beaucoup pour toi : nu drapé à l’antique. J’échappais à la corvée en te volant un baiser. Tu m’avouas « je me sens de mieux en mieux avec toi mon ange. Tu ajoutes de la vie à ma vie. » Je fus rassérénée, notre histoire devenait une passion.
Une fausse note vint troubler ma quiétude. Quelques jours plus tard, alors que je prenais un thé dans le troquet du village où tu vis, je surpris une conversation dont rien n'aurait du parvenir à mes oreilles.
Mais de là où je me trouvais assise- le bistrot est installé dans une vieille manufacture dont le propriétaire a conservé les piliers de métal- les voix venaient sans que l' "on" puisse me voir.
- "il faut absolument qu'il te montre, c'est bandant à mort"
- "Bof, tu sais les images de cul, on tourne toujours autour des mêmes conneries."
"Erreur, la nénette n'était pas au jus. C'est du vrai cul, du vécu si tu vois ce que je veux dire. Lui avait laissé tourner sa webcam. « Mon ange » qu'il l'appelait pour l'apprivoiser. Si tu voyais la scène de la double, avec sa main et la branche de bois, le pied quelle prend! Redoutable ! Moi je n'ai pas tenu longtemps après la projection sur écran plasma et j'ai giclé illico en rentrant chez moi. Allez viens, il est d'accord pour nous la montrer encore. Bon, il ne la saute pas mais vu ce qu'il lui a fourré, elle n'est pas prête de l'oublier son photographe!"

Lorsque je parvins à boire mon thé il était glacé. Je fus prise de tremblements mais me ressaisis et composais ton numéro.
"Bonjour, tu vas bien?" puis, sans te laisser le temps de me répondre "finalement je suis d'accord pour les photos au bord du CHOLET nue et drapée. Demain 14h devant le monastère orthodoxe?"
Tu tentas de balbutier quelques mots de remerciements me qualifiant, je crois, de sirène, je suppose que tes acolytes se pourléchaient les babines en bavant sur nos images dans l'alcôve à côté. Je raccrochais brutalement.

Le ruisseau est gros des neiges fondues.
La lumière, aujourd'hui, se joue de tout et glisse de pierres en cascades. Elle se cavale mais tu l'accroches. Du moins c'est ce que tu me dis.
"Tu veux savoir quel effet cela produit de te prendre en photo?"
Je vois que tu bandes. Tu attendais cela depuis longtemps.
Je reste doucement soumise en apparences et transparences.
Tout, à l'intérieur de moi est figé. Enfin, tu sonnes l'heure de la pause. Tu trimballes dans ta besace de braconnier deux bouteilles de bière et nous installes sur une énorme pierre ronde. "Puis-je me rhabiller?"Tu réponds taquin et ironique "Surtout ne m'embrasse pas" tout en t'approchant de ma bouche pour y déposer le baiser du prince. Charmant tableau.
D'un geste sûr, j'applique mes deux mains sur ta poitrine et je pousse de toutes mes forces pour t'expulser du rocher. "Tu te goures! Je vais te donner le baiser du con damné!"
J'ai le temps de lire l'étonnement dans ton regard. Deux mètres plus bas la vasque noire et émeraude.
Profonde.
Dans un réflexe surprenant tu tentes de protéger ton appareil photo de la chute. Mais il s'écrase sur le rocher, avec un cliquetis couvert par le fracas de cascades.
Tu ne cries pas.
Ta tête éclate en second, après l'appareil. J’entends l’os craquer.
Et l'eau t'emporte et puis me venge sans autre forme de procès qu’une longue traînée sanguinolente.
Alors je me rhabille, décapsule une bière et attends que la rivière ait fini le travail de nettoyage.
A sec.
La faute à pas de chance, le phot'eaugraphe est tombé.
Voilà ce qu'écriront les journaux. Je le sais. C’est moi qui écris dans les journaux.
A la surface de l'eau du gouffre flotte une plume…
D'ange.

 

 

 

 

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