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Red Sofia Song ... et autres livres
de Marie L.

 

 

C’est un mobile suspendu qu’à un fil, de cristal, de nerfs et de sang, aux angles vifs, à la passion aigue.
Elle s’appelle Marie L. et quand elle chante, des larmes en gemmes chutent de ses paupières plus rouges que la guerre… et quand elle écrit, ses pages en bataille tracent les partitions de la Red Sofia Song.

Sur un site social, elle a écrit hier ‘déconnection imminente’. Suis-je le seul à avoir imaginé qu’elle parlait peut-être de sa vie ? J’ai commenté ‘la vie va, va au bout’. Avant et après moi, je ne suis pas sûr que quelqu’un ait frémi. D’aucun n’y avaient vu aucun cri de détresse puisqu’ils cochaient son commentaire d’un clic sur l’icône ‘j’aime’.

‘Déconnection imminente’… <j’aime> !
Encouragement au suicide ? Inconsciente insouciance ? Mais ils avaient j’espère raison.
Peut-être étaient-ils tous beaucoup plus à-propos que mon ‘Non !’ , disant ta singularité Marie, disant mon envie que tu laisses vivre encore tes autodestructrices folies jusqu’au point d’usure - pas au point de rupture – l’usure de l’eau qui coulerait comme la vie, jusqu’à adoucir tes angles comme ceux d’un galet.
User les brisures, adoucir les fractures, lisser jusqu’à l’épure, te faire statue de verre pur, se riant des vagues et se riant des pierres.

En attendant, Red Sofia, Marie L., celle que j’ai rencontrée n’est plus tout à fait celle du livre ni tout à fait autre. Ce livre écrit avec tes viscères, lorsque je te rencontrais pour la troisième fois à une terrasse métro St Placide, flottait comme un reflet par-dessus ton image, me rendant plus difficile de te lire toi.

Red Sofia semble à chaque temps de la valse prête à finir ou à renaître, mort à Venise ou à Samara, renaissance en face de moi.

Comme un fétichiste, je ne t’ai parlé que de tes gants, tu en portais toujours une paire différente, à baiser de mes mots, mais c’aurait pu être un autre détail, tes tatouages, tes bottines noires vernies et vertigineuses sur leurs talons assassins, vues la première fois à une remise du Prix Sade.

Le détail, tactique de diversion de mon regard plus loin d’une réalité écorchée ou parcours initiatique, comme les stations d’un calvaire jusqu’au cœur du martyre. Le cœur, le martyre, toi te déchirant au nom de quoi ? D’une nécessité à laquelle tu ne sais échapper, qui te nourrit et te détruit, mais peut-être aussi, t’invente à chaque pas.

Mais je ne parle pas qu’à toi Marie, mais aussi à des lecteurs, des spectateurs, des voyeurs peut-être.

Allez lire Red Sofia Song, Confessée, et regarder ses photos, son corps sacrifié ou sublimé.
Tachez de n’en pas revenir indemne !


www.sophiemariel.fr
Confessée, suivi de Quelques lettres au milieu d’Elle – Editions Cartouche
Bloody Marie - Editions Alixe
L’autre face de Pierre Bourgeade et Marie L. – Editions Le Cercle de Poche

 

 

 

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