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La danse érotique a sa géographie propre, qui traverse les métropoles du monde, dans des registres parfois très éloignés les uns des autres. Le Crazy Horse y brille comme une pierre unique, se veut tel et l’est, étonnamment seul dans un registre qui échappe et de très loin aux fossés symétriques de la variation touristique comme du bouge interlope.

Taboo, la revue actuelle, enchaîne des tableaux aux inspirations variées, aux noms exotiques, Va-Va- Voum, Vestal’s Desire, Blue Taboo. Douze tableaux comme les douze mois de l’année, comme les signes du zodiaque qui entre chaque show sont énoncés, une représentante du signe à l’appui, dévoilant le tempérament érotique supposé des représentes du beau sexe (où même des hommes peut-être) . Ne craignez rien, quelque soit votre signe vous ne serez pas brocardé pour votre manque d’appétence, le Crazy Horse sait trouver dans chacune de ces constellations la pointe de piquant qui permettra l’espoir le plus violent.

La salle est pleine mais les places confortables, les consommations sont copieuses, l’assemblée est d’une mixité de bon aloi et les femmes de tous âges y sont belles, que le spectacle commence.

God Save Our Bareskin, le spectacle s’ouvre sur la relève de la garde. L’uniforme des Horse Gards semble exact à toutes les extrémités, le casque est couvert de fourrure et les bottes cirées, entre les deux, fort heureusement, les jarretières soulignes des courbes autrement plus séduisantes. Le claquement cadencé des bottes comme un roulement de tambour vous attire d’abord sur les talons des demoiselles, pas de timidité, osez lever les yeux vers leurs formes naturelles, elles ne vous foudroient du regard que pour mieux vous préparer au tableau suivant… la Leçon d’Érotisme.

Pour cette leçon, apparition d’un canapé aux formes de lèvres rouges. Une seule danseuse cette fois, au lieu d’une ligne, mais qui rive toute votre attention. Son déshabillage n’est pas un strip-tease mais une leçon de fascination dont les préceptes sont en même temps énoncés, rappel mesdames des moyens sûrs de capturer en vos filet l’esprit à éclipse de la gente masculine, dont vous voici rappelés quelques basiques, mais vous les connaissiez, pour annihiler avec grâce leur volonté. Chiche !

Le spectacle continue sur des chorégraphies de Sofia Balma, déroulant beauté et volupté avec une intensité et une charge de fascination qui souvent rive le spectateur à la scène, comme par exemple Lay, Laser, Lay, autre solo où une autre danseuse, aux mouvements de fauve à l’affût, à moins que ce ne soit sinuement de serpent, tourne et vire sur un disque incliné, en constant mouvement, l’obligeant à progresser entre le flux des lasers et celui de la fumée. A vous river sur vos chaises.

La maison fondée par Alain Bernardin, revendiquant l’Art du Nu sous sa plus haute forme, n’a rien perdu de sa capacité de fascination. Aujourd’hui, elle a commencé à étendre ses terres de conquêtes. Au second établissement fondé à Las Vegas, s’ajoute depuis peu un troisième, à Singapour. Nous formons tous nos vœux pour que puisse essaimer cette beauté, qui ne cache rien mais ne brade rien non plus, et offre avec goût un spectacle qui tend vers le meilleur de l’érotisme.

Le CRAZY HORSE
12, av. Georges V – 75 008 Paris

 

 

 

 

 

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