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Parfois, j’aimerai qu’au sillon de ma motte boisée
Le bouton trop court, se tende, enfle et pousse
En un cep rude et torturé de veines violacées.
Oh une heure seulement avoir la plus grosse épine,
Qu’une rose eut porté, rubescente et prodigieuse tige,
A presser, poète, l’œil sombre de ton œillet (...)

Valombreuse vue par... Tang Loaëc :

Valombreuse, c'est Ronsard et Villon mêlés, une maîtrise de la forme associée à la plus fraîche verdeur du fond.

Jamais sa phrase ne dérape et pourtant, jamais la rime n'est précieuse.

Pas de maniérisme, pas de relâchement, elle sort indemne d'entre ces deux rochers et frappe roide et droit aux tripes avec des images très directes.

Mais le choc ouvre à l'exultation et à la joie, franche et lumineuse, comme un con blond ouvert sur un monde magique.

Du contraste entre son audace très mâle et la dextérité des mots qu'elle aligne naît sa note particulière, un timbre dont la limpidité étonne.

Elle a cette magie élémentaire des êtres qui peuvent parler du diable en conservant leur part de dieu, sa paillardise n'est pas enténébrée mais porteuse des effluves de sa propre essence, gourmande, solaire.

Valombreuse vue par...elle-même :

Je crois que (mon oeuvre) me ressemble, c'est un peu la créature de Frankenstein, un peu de ceci un peu de cela. Elle va là où le vent la mène... ma tête est très vagabonde, je ne me trouve souvent pas très crédible en poète, pas assez sérieuse, pas assez docte. J'écris des poèmes bien sûr, des textes un peu plus longs, des nouvelles, et aussi...de la science-fiction. J'ai une sorte de roman en travaux, sous forme de nouvelles. (...)

Mon inspiration démarre souvent sur deux ou trois mots. Et parfois, si je suis suffisamment calme, je suis comme reliée à une sorte de voix intérieure. Cela donne des poèmes d'une grande concision, lumineux, comme "La male guerre" ou "Daniel". Je me relis beaucoup, j'accorde une grosse importance à la fluidité, au rythme, à la cadence, la ponctuation dont je joue depuis peu. Je n'écris que depuis six ans, mais en toute honnêteté j'ai fait de vastes progrès. J'espère encore progresser, mon idéal restant d'atteindre une concision dans le sens et la forme à la manière des haïku. J'atteints ce but parfois, et cela m'exalte parce qu'alors je me prouve à moi-même que j’en suis capable. Je me remets sans arrêt en question sur le sujet de l'écriture, et je confesse être souvent déchirée de doutes. Je ne suis sûre de rien, je ne sais rien. J'apprends.

Pour ce qui est de la poésie érotique c'est souvent un terrain de jeux où je m'aventure dans la joie. L'amour, le sexe pour moi ne peuvent être que joyeux, heureux, solaires (je suis très solaire et martienne, l'énergie est très présente dans mon écriture)

Valombreuse vue par...Marion Lubreac :

Impayable rabelaisienne, Valombreuse commande sans  vergogne un  menu pantagruelique où elle consomme ses hommes avec appétit et  gourmandise.   Sens de la fête, de la bombance, de la bonne chère et de  l'orgie  sexuelle, c'est une véritable épicurienne.  N'hésitez pas à goûter cette écriture énergique, puissante et  orgasmique.


La tige de la rose

Parfois, j’aimerai qu’au sillon de ma motte boisée
Le bouton trop court, se tende, enfle et pousse
En un cep rude et torturé de veines violacées.
Oh une heure seulement avoir la plus grosse épine,
Qu’une rose eut porté, rubescente et prodigieuse tige,
A presser, poète, l’œil sombre de ton œillet.
Comme il doit être bon, de se saisir fermement
De cette belle branche, frémissante et dressée,
Et coulissant doucement, des frondaisons au gland,
Dans sa paume en fourreau, graissé pour la commodité,
Se donner soi-même le plaisir sans péché,
D’un rendez-vous clandestin, avec la veuve poignet.

Attends ! Ce n’est pas fini :
Il manque ta bouche à mon savoir complet.
Tes lèvres, Oh diantre: j’en frémis !
Ta langue câline dormant, vierge encor en son palais,
Présente la serrure, voici la grosse clé !
Qui va prendre son temps, s’enfoncer dans le pêne,
Goûter ces délices aux mâles réservés
Et je vais en jouir, les fesses bien serrées,
Jusqu’au bout du rêve, chéri, tu seras mienne.

Jardin d'Eve

J’aimais la voir jouir.
Elle happait l’air, comme une truite
Jetée sur la berge blanche du lit.
Son corps rutilant d’écailles moites
Se tordait, roulait sous des vagues trop fortes
A presque se briser.
Son dos, était l’arche unique d’un pont
Menant tout droit vers un lieu extatique
Qui m'était interdit.
Son souffle raccourci, haché menu
Allait se suspendre en guirlande à des cieux
Que je devinais merveilleux.
Elle n’avait de cris qu’intérieurs
C’étaient ses frissons, sa chair saccadée
Ses gémissements,
Ceux qu’elle laissait échapper, et ceux qu’elle retenait
Qui racontaient son voyage vers ailleurs
Son point de dilution.
Alors je la regardais, l’accompagnais de mon mieux
En introduisant ma clé, je lui ouvrais un monde
Dont je ne passerai pas le seuil, mais entreverrai
Un instant, le jardin.

Jeanneton

Jeanne, Jeannette, Jeanneton
Ouvre les cuisses, que j’y glisse mon goujon
Vois sa bonne tête, ne lui donnerait-on
Le Bon Dieu illico et sans confession ?

Jeanne, ma belle Jeanneton
Lève ta chemise, montre-moi ton chaton
S’il me tire la langue, il aura du bonbon.
Un gros sucre d’orge, très doux et très long,
Vois comme il salive déjà le mignon.
Brave petite bête bavant sur sa toison,
Attends, que je lui torche le bec à ma façon.

Jeanne, Jeannette, Jeanneton
Me voilà tout entier dans la bouche de ton con.
M’en laisseras-tu un bout à la fin de la chanson ?
Car ton minou d’un coup s’est mué en glouton,
Et m’agrippe et m’aspire comme un nourrisson.
Hola, il est trop tard, voilà ma sécession,
Ton four est si chaud que pour de bon j’y fond,
Répandant ma crème partout dans ton chausson.

Jeanne, Jeannette, Jeanneton
Vois ce que tu as fais de mon précieux brandon,
Il a lâché sa gourme au feu de ton giron
Tu me le rends sans gloire, morveux et mollasson.
Vilaine, sache donc que pour ta punition
Je reviendrai tantôt avec un autre goujon…

 

Bello

Ta petite gueule
ta belle petite gueule d'ange
ta lèvre ourlet velours à goûter
du bout de la langue.
Ta jeunesse
ta fraîcheur offerte à ma paresse
et ton corps, ton corps du diable
à me damner
à plonger toute nue et trop contente
dans l'enfer et ta flamme
dressée en étendard rubis
juste là, debout sur tes cuisses
ce triomphe viril, cette hampe portant déja victoire
que tu me tends en arrogant calice
où je vais boire à ma perte
à la folie, consumée par la fièvre
la raison incendiée, poussière
et honte bue
ton désir, oui, da: je vais oser le prendre
le planter à mon jardin qui a trop soif
comme une pluie chaude d'été
et tu arroseras encore, encore
mes herbes folles et mes ovaires,
rien d'autre n'y poussera
que la fleur écarlate de nos plaisirs
mais elle sera énorme, ouverte et large
rouge, comme on n'a jamais vu,

rouge, comme on n'a jamais vu.

Ode phallique

Ô hampe superbe! Lance tendue
où se suspends l'attente de voiles rouges
posée en vigie sur la dune émouvante.
Homme bleu, je goûte ton bois bandé
la lèvre conque à ton bec d'ébène.

J'ai pour toi un corps de myrrhe
et un regard de santal soutaché d'or.
Mes seins se sont parés de fleurs d'ambre,
de graines et d'épices sauvages.
Leur richesse lascive repose offerte
dans des corbeilles de cuivre.

Je suis l'oudjat lapis lové au désert de porphyre
l'insoumise, la mystérieuse
la boiteuse eau de vie.

Ma bouche fleure le thé, la menthe est jalouse
mes doigts sont tout de miel
et sur ta peau frottée d'eau de rose :
je lèche le Paradis.

Bonjour, Vous...

Je vous ai vu tourner mes pages
En mouillant votre doigt.
Sur ma peau demeure une écume scintillante
Pérennisant l'émoi.

Je vous ai senti feuilletant mes replis
Mes retraites, mes blessures à tous les vents
Ouvertes

Vous avez écarté toutes les lèvres offertes
Pour en pénétrer sève et sanie
D'un majeur humide et précis
Comme la pointe d'un bistouri.

Mon échine a frémi quand vous avez osé
Lire les défets passés oubliés des passants
Aller presque conquérant
Où les autres ne vont pas

Et mon frisson toujours
Court sous votre doigt.

 

 

 

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ISSN 1960- 6834 - délivré par ISSN France - BNF